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Le réseau de la santé a déjà bien fonctionné...

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Le plan d’action du ministre Christian Dubé vise à tenter de redresser le système de santé d’ici 2025. Or, comme je l’avançais hier, un fatalisme docile s’est installé au fil du temps, chez les élus et les citoyens, face au déclin pourtant évitable de ce réseau vital.

Cela changera-t-il ou non à court terme ? Mystère. Ce système, incluant les services sociaux, fonctionnait pourtant fort bien avant les premières compressions des années 1990 et les réformes bâclées qui l’ont détraqué par la suite sous des régimes péquistes et libéraux.

C’est aussi ce massacre qui, en réaction, a provoqué une expansion continue des soins et services sociaux privés. Pas de hasard ici.

Permettez-moi de vous offrir une illustration toute personnelle du temps où le réseau, humaniste en plus à l’époque, fonctionnait bien. De nombreux Québécois de plus de 50 ans ont d’ailleurs vécu des expériences similaires.

En 1996, à 35 ans, je trouve une masse dans un sein. Mon médecin de famille – oui, il était encore facile d’en avoir un ou une – était en vacances. Un ami me conseille donc d’aller dans une clinique sans rendez-vous.

Tout sera fait, le jour même

Je m’y rends ce même matin. J’attends une petite demi-heure. Un médecin me reçoit. Il m’examine. Il me dit que cette masse l’inquiète. Il m’envoie illico pour une mammographie et me demande de revenir le voir tout de suite après avec les « films ». Ce que je fais.

Il les regarde. Il plisse les yeux. Il prend le téléphone. Il appelle un oncologue à l’hôpital tout près. Il me donne ses coordonnées. L’oncologue me reçoit dans l’heure suivante. Il m’examine. Il décide de faire une biopsie sur-le-champ. Il appelle le laboratoire et demande d’avoir le résultat le jour même.

Il me demande de revenir en fin d’après-midi. Ce que je fais. Il m’annonce alors le résultat. J’ai un cancer agressif. Nous sommes toujours le même jour où j’ai trouvé la masse suspecte.

La suite se fera aussi avec diligence : chirurgie, traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Cette grande efficacité de notre système public de santé – et son humanisme autrefois réputé – existait bel et bien.

Honte aux gouvernements qui, depuis, l’ont affaibli volontairement. Christian Dubé réussira-t-il à le remettre sur pied ? Tout ce que je sais est que l’échec n’est plus une option.

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