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Du roman au petit écran

5 questions à Jean-Philippe Baril-Guérard, auteur de Manuel de la vie sauvage

ART-JEAN-PHILIPPE-BARIL-GUERARD
Photo courtoisie, Kevin Millet

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Comme auteur, Jean-Philippe Baril-Guérard aime investir des environnements pour en soulever les travers. Le roman Manuel de la vie sauvage a connu un succès tant populaire que critique.

Il témoigne de l’univers des start-up dans le regard d’un gars ambitieux qui se laisse avaler par le milieu. Joué sur scène, le texte est maintenant transposé en série télé. Tout en poursuivant ses chroniques, ses mises en scène et juste avant d’entreprendre l’adaptation de son nouveau roman, Haute démolition, Jean-Philippe s’est replongé dans le monde de Kevin et de la conception d’Huldu. Une histoire qui le garde ancré dans la sphère technologique depuis plus de cinq ans.


Que t’a permis l’adaptation télé par rapport à l’histoire initiale du roman ?

Il y a des éléments que j’ai pu approfondir, que j’avais choisi de ne pas élaborer dans le roman. La psychologie des personnages, par exemple. Les associés de Kevin occupent plus de place. La télévision permet de montrer différents points de vue. D’avoir un point de vue plus décalé, plus comique. La vidéo Bonne fête Kevin est un bon exemple. Elle nous a permis d’aller dans la surprise, l’ironie, l’intimité avec le spectateur. Certaines choses ont été carrément inventées. Toute la famille est esquissée dans le roman. La mère a été développée. On comprend que le frère est la faille de Kevin qui l’amène à se révéler et à changer le monde. Il veut réparer le monde pour se réparer lui-même. J’ai apporté des modifications à tout ce qui touche aux montants. L’argent change de braquette. Les robots conversationnels sont maintenant intégrés. C’est un domaine qui a beaucoup évolué depuis l’écriture du roman. Tout notre rapport à la technologie a aussi beaucoup changé. 

Antoine Pilon, Virginie Ranger-Beauregard et Rodley Pitt jouent dans Manuel de la vie sauvage.
Photo courtoisie, Danny Taillon/Séries Plus
Antoine Pilon, Virginie Ranger-Beauregard et Rodley Pitt jouent dans Manuel de la vie sauvage.

Tu as coscénarisé la version télé avec le réalisateur Christian Laurence. Pour un auteur, est-ce difficile de céder en quelque sorte son histoire et d’accepter d’écrire à quatre mains ?

C’est de la négociation constante. Quand j’écris seul, je vais dans une direction. J’ai dû justifier mes choix. Mais comme auteur, c’est vraiment cool. Ça permet de voir ce que je n’aurais pas vu. C’est comme plugger le show sur le 220 !


Tu connais tellement de succès comme auteur qu’on oublie que tu es aussi comédien. On te voit dans la série. As-tu écrit un rôle pour toi ?

Paul-André, le bureau 3, est mentionné dans le roman. Dans la série, c’est un employé dont la courbe va influencer la suite. C’est un adulescent. Je ne l’ai pas écrit en pensant à moi. C’est Christian qui a eu l’idée de me donner le rôle. J’étais content parce que ça me donnait un prétexte pour être sur le plateau.


Visuellement, on retrouve plein d’éléments originaux qui contribuent à l’unicité de la série. Quel genre de conversation as-tu eue avec Christian Laurence pour que la série se démarque par sa réalisation ?

Dès le premier pitch avec Christian, il avait envie de faire un hommage au cinéma d’Adam McKay (Anchorman, Talladega Nights, The Big Short, Don’t Look Up) qui intègre une forme de vulgarisation et un caractère très ludique à l’image. On n’est pas dans un sujet sérieux. On peut rendre ça le fun, divertissant. On peut utiliser des mèmes, le langage internet. Ce que j’aime c’est faire un bon show.


 Ce n’est pas la première fois qu’Antoine Pilon joue tes mots (il a joué dans la série web Faux départs sur ICI Tou.tv). Vous êtes amis dans la vie. L’avais-tu en tête quand tu écrivais le scénario ?

Ça m’arrive de changer des choses pour m’adapter aux comédiens, mais dans ce cas-ci, c’est un autre acteur qui devait jouer Kevin. Avec la pandémie, on a dû modifier le calendrier. Il y a eu un conflit d’horaire avec le comédien qui était attaché à un autre projet. J’ai dit : ça nous prend Antoine. Il est bon, solide. On le voit de plus en plus. Il a gagné en notoriété. Sur une affiche, ce n’est pas gênant de l’avoir comme tête d’affiche. Bien au contraire. Sa performance est fascinante. Kevin est intelligent, actif. Il a toujours l’air préoccupé. J’aime qu’Antoine n’ait pas essayé de le rendre trop sympathique. Kevin, c’est quelqu’un qu’on ne sait jamais tout à fait comment prendre. Et c’est toujours le fun de travailler avec Antoine.


Manuel de la vie sauvage, le mercredi à 20 h à Séries Plus

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