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Catherine Dorion rentre au bercail

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Le départ de Catherine Dorion de la vie politique, après le présent mandat, a suscité l’étonnement dans le grand public, mais pas dans son entourage, qui sait à quel point l’art lui manque depuis 2018. 

Lors d’une grande entrevue, il y a trois ans, Catherine Dorion me confiait à quel point écrire des livres et pour le théâtre, seule avec elle-même dans le bois, pouvait lui manquer.  

Cette militante passionnée s’ennuyait de cette ambiance que favorise la création, et elle m’avait dit ceci : « Dans le monde artistique, défaire les moules, les règles, et amener du sang nouveau est encouragé. En politique, on demande le contraire. » 

Cette phrase résume bien pourquoi la députée de Taschereau renonce à solliciter un second mandat. On sent que l’Assemblée nationale, « institution extrêmement contraignante avec des cadres rigides, vieux, passés date », dit-elle, et qui rendent « toute liberté de parole ou mouvement populaire difficile », l’étouffait.

Concentration du pouvoir 

L’artiste ne regrette cependant pas son implication, qui fut houleuse par moments. Elle invite tous ceux qui, comme elle et Québec solidaire, sont favorables à une réforme des institutions à s’impliquer pour y contribuer. Elle dénonce au passage que seules quelques personnes, autour du premier ministre, décident à l’heure actuelle pour le Québec. 

« Ce que je trouve intéressant dans le message de Catherine, c’est qu’il y a une critique de nos institutions politiques, mais une critique qui ne tombe jamais dans le cynisme. Elle ne dit pas “C’est difficile et allez-y pas”, mais “C’est plein de problèmes, mais allez-y quand même”. On a besoin de gens en politique québécoise qui disent ça. Amir Khadir disait ça », a souligné hier Gabriel Nadeau-Dubois.

Ce dernier espère que c’est ce message que les gens retiendront du passage de Catherine Dorion en politique.

« Un tramway nommé désir. Nous ne sommes pas seuls », lit-on sur une grande affiche du local de comté de la députée, où elle a rencontré les médias hier matin. 

Comme élue de la région de Québec et responsable des dossiers de transport, Catherine Dorion a fait de ses batailles contre un troisième lien et pour la réalisation du tramway de véritables priorités.

Mais son départ de la vie politique ne signifie pas qu’elle baisse les bras, au contraire, spécifie la principale intéressée. « Je vais continuer d’être une influenceuse », m’a-t-elle dit après la conférence de presse, établissant le tramway comme « LA » bataille à mener pour Québec.

Petite clique

Catherine Dorion est aussi l’une des seules élues de la région à se tenir debout contre ce qu’elle désigne comme la « petite clique de Québec ». Celle de certains animateurs de radio qui détruisent tout projet de transport en commun ou de mobilité durable à Québec. Et qui plantent quiconque tente d’améliorer ces aspects pourtant indispensables au développement de la région.

Cette clique « avait le champ libre avant, mais plus maintenant, parce que les gens de Québec en ont assez et aussi parce que la ville change », fait-elle valoir.

À savoir si elle est surprise de la montée de la droite et du Parti conservateur du Québec dans la région, l’élue ne se gêne pas pour dénoncer le fait que Radio X, une station privée, « s’est carrément transformée en machine électorale pour Éric Duhaime ».  

Elle fait remarquer que ce dernier se retrouve en ondes à cette station à peu près tous les jours, avec des animateurs qui lui font « de la pub gratuite ».

Je l’écoutais hier et je me disais que le Québec avait bien besoin d’élus de sa trempe, authentiques, même s’ils ne font pas l’unanimité. Malgré un trop court passage, sans aucun doute, Catherine Dorion a su faire la différence.

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