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Les éleveurs de volailles du Québec sont en état d’«alerte maximale»

La grippe aviaire pourrait très bientôt frapper des élevages commerciaux

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Photo AFP

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L’industrie avicole québécoise est sur le qui-vive. La grippe aviaire frappe au Canada. Les fermes du Québec sont épargnées pour le moment, mais l’apparition de cette grippe mortelle pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les producteurs et les volailles d’ici.

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« On est en alerte maximale depuis un mois », concède le président des Éleveurs de volailles du Québec, Pierre-Luc Leblanc, qui rappelle que jamais une ferme d’ici n’a été contaminée par le virus.

Une rencontre virtuelle est d’ailleurs prévue mercredi avec l’ensemble des 850 familles d’éleveurs qu’il représente afin de les alerter à l’urgence de la situation.

L’entrepreneur avicole Mathieu Brodeur, à Saint-Alphonse-de-Granby, est de ceux qui savent déjà à quoi s’en tenir. 

« C’est la fois où on a le plus peur en dix ans. Il faut rester vigilant et respecter nos mesures de biosécurité. Si tout le monde est rigoureux, on se donne une bonne chance », dit-il. 

Mathieu Brodeur, qui élève des poulets à Saint-Alphonse-de-Granby, dans les Cantons-de-l’Est, redoute les effets dévastateurs qu’aurait une éclosion de grippe aviaire dans sa ferme.
Photo courtoisie
Mathieu Brodeur, qui élève des poulets à Saint-Alphonse-de-Granby, dans les Cantons-de-l’Est, redoute les effets dévastateurs qu’aurait une éclosion de grippe aviaire dans sa ferme.

Québec a rapporté lundi les trois premiers cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), du sous-type H5N1, sur son territoire.

  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio : 

Des premiers cas sauvages

Des cas ont été confirmés chez des oiseaux sauvages. Une bernache du Canada, à Granby, et deux oies des neiges, en Montérégie, sont porteuses de la maladie.

« Le Québec n’a jamais été trop à risque. Mais là, le virus est vraiment différent. C’est une nouvelle souche qui ne tue pas les oiseaux sauvages rapidement », explique Jean-Pierre Vaillancourt, de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Le virus se propage par la fiente des oiseaux. Plus ils en parsèment le territoire, plus le risque de contagion est grand. 

« À l’heure actuelle, l’environnement du Canada et du Québec est déjà plus contaminé qu’il ne l’a jamais été », indique le spécialiste. 

La bonne nouvelle, dit-il, c’est que le virus ne se transmet pas facilement aux humains. La moins bonne ? Ce serait « vraiment spectaculaire » qu’aucune ferme commerciale du Québec ne soit infectée.

Le Québec n’a toujours pas de cas déclaré dans ses fermes. En Ontario, toutefois, les autorités font état d’au moins cinq élevages touchés. 

« Le pire, ce serait que ça se propage dans nos bâtiments », croit le président de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec, Paulin Bouchard. 

Déjà, plus aucun visiteur n’a le droit d’entrer dans les pondoirs, et de nombreuses autres mesures sont en place. La plus importante : changer de bottes ou de chaussures quand on entre dans un bâtiment. 

« Ça fait longtemps qu’on suit les mesures. Il faut que tout le monde le fasse, car on n’empêchera pas les bernaches de voler », dit l’éleveur avicole Mathieu Brodeur. 


Les mesures à prendre pour éviter le désastre  

  • Installer un sas de désinfection dans le poulailler  
  • Changer de bottes avant d’entrer dans le bâtiment  
  • Se laver les mains avant de toucher aux bottes « propres »  
  • S’assurer que les flaques d’eau ne s’accumulent pas sur le terrain  
  • Ne laisser aucune nourriture à l’extérieur des bâtiments  
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