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Loi 101: la grosse gaffe des libéraux

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La réforme de la loi 101, incarnée dans le projet de loi 96 présentement à l’étude à l’Assemblée nationale, déchire la base militante libérale.

Le ministre Jolin-Barrette, porteur de cette éventuelle loi, a déposé récemment une série d’amendements visant à la renforcer, notamment au niveau collégial.

Un des amendements proposés par le ministre visait à contraindre les allophones et les francophones à obligatoirement suivre trois cours en français durant leur cursus collégial (chimie, mathématiques, philosophie, bref, d’autres cours que ceux portant spécifiquement sur le français).

Le ministre n’a pas proposé d’étendre cette obligation aux étudiants anglophones ayant fait leur éducation primaire et secondaire en anglais, afin de ne pas porter préjudice au succès de leurs études postsecondaires.

Jusque-là, tout va bien.

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Contradictions

Arrive l’opposition libérale avec ses contradictions. La députée Hélène David, porte-parole officielle tant en matière d’enseignement supérieur qu’en matière de langue française, trouve tout d’un coup que cet amendement ne va pas assez loin. Il faudrait que cette obligation s’étende à l’ensemble des étudiants, sans égard à leur parcours au primaire et au secondaire, peu importe son impact sur la réussite scolaire des étudiants n’ayant jamais étudié en français, rappelons-le.

Ce que semble avoir oublié Mme David, c’est qu’aujourd’hui, les appuis au Parti libéral proviennent essentiellement des communautés anglophones et allophones.

Qu’il y a, en politique, un principe qui dit que tu ne troques pas un vote que tu as dans la boîte pour un vote que tu vas peut-être avoir.

Que sa cheffe avait déjà déclaré, alors qu’elle était au Cégep Dawson, qu’elle voterait contre cette loi de toutes les manières.

Que tant le gouvernement que les autres partis d’opposition n’attendent que ce genre de flip-flop pour démontrer à quel point le PLQ parle des deux côtés de la bouche.

Ce qui devait arriver arriva

Il fallait s’y attendre, l’amendement proposé par les libéraux a été adopté à l’unanimité, sous le regard médusé du ministre Jolin-Barrette, ce qui a mené à une levée de boucliers dans l’ensemble de la communauté anglophone, qui se sent trahie, à juste titre, par le PLQ, qu’elle a historiquement appuyé contre vents et marées.

Cette colère les a même poussés à s’organiser pour mettre sur pied un nouveau parti politique, un parti qui puisse réellement défendre leurs intérêts et qui puisse remplacer, pour eux, celui qui les a visiblement trop longtemps tenus pour acquis.

Retournement de situation

C’est finalement cette volée de bois vert qui a réveillé brutalement la députation libérale. Néanmoins, le mal était déjà fait. André Fortin, député de Pontiac et leader de l’opposition, demande au gouvernement de pouvoir retirer l’amendement... que sa collègue a déposé et fait adopter!

Les libéraux demandent aux caquistes de les aider à sauver les meubles! Faut le faire!

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