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Ottawa a perdu la trace de 25 800 demandeurs d’asile

Plusieurs se sont volatilisés dans la nature au lieu d’avoir à quitter le pays

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Photo d’archives Fermé depuis mars 2020, le point d’accès du chemin Roxham accepte à nouveau les demandeurs d’asile, comme ici, en 2018.

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Le nombre de demandeurs d’asile refusés dont on a perdu la trace au Canada est en hausse depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Selon des chiffres obtenus par notre Bureau d’enquête, on comptait à la fin du mois de janvier 25 804 demandeurs d’asile déboutés et recherchés au Canada. 

Il s’agit d’une augmentation de 7 % par rapport aux données publiées précédemment, au printemps de 2019, alors que leur nombre atteignait 24 100.

« La pandémie de COVID-19 a eu un impact sur la capacité de l’Agence des services frontaliers du Canada à mener des activités d’enquête en matière d’immigration en 2020 et 2021 », indique l’organisme.

On ne sait pas encore si la réouverture en novembre dernier du point d’entrée du chemin Roxham à la frontière canado-américaine, qui était fermé depuis mars 2020 en raison de la COVID-19, causera un accroissement supplémentaire du nombre d’immigrants recherchés.

L’Agence des services frontaliers du Canada rappelle qu’il y a plusieurs étapes à franchir avant qu’un demandeur d’asile soit éventuellement refusé, puis recherché. Ceux qui sont arrivés par le chemin Roxham à partir de novembre en sont aux premières étapes de ce processus.

Pas tous cachés

La présidente de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration, Stéphanie Valois, apporte un bémol important à ces chiffres.

Selon elle, plusieurs de ces demandeurs d’asile déboutés ne se trouvent tout simplement plus au Canada.

« J’ai plein de clients qui partent, mais qui n’aviseront pas l’Agence des services frontaliers », explique-t-elle.

Contrairement à certains pays, le Canada n’est pas doté de contrôles frontaliers de sortie. On sait donc qui entre au pays, mais pas qui en sort. Cela veut dire qu’un demandeur d’asile recherché qui s’éclipse du Canada peut le faire ni vu ni connu.

Nombre inférieur

D’après Me Valois, le nombre réel des demandeurs déboutés toujours au pays est en réalité inférieur aux chiffres officiels.

Elle rappelle aussi que la vie pour les immigrants sans papier au Canada n’est pas une sinécure, ce qui ne les encourage pas à y rester.

« Le phénomène des illégaux existe, bien sûr. Mais c’est quand même assez difficile de vivre illégalement au Canada, contrairement par exemple aux États-Unis », assure-t-elle.


L’immigration au Canada c'est...  

  • 30 087 réfugiés acceptés    
  • 341 180 résidents permanents admis    
  • 74 586 personnes passées du statut temporaire à permanent   
  • 404 369 permis de travail temporaires accordés      

Source : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, 2019

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