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Main-d’œuvre étrangère: un autre non d’Ottawa à plus de pouvoir à Québec

Guillaume Talbot, président de la Boulangerie Auger, affirme que ses salariés d’usine font beaucoup d’heures supplémentaires parce que les travailleurs étrangers temporaires tardent à arriver.
Photo courtoisie Guillaume Talbot, président de la Boulangerie Auger, affirme que ses salariés d’usine font beaucoup d’heures supplémentaires parce que les travailleurs étrangers temporaires tardent à arriver.

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Pas question pour Ottawa de confier le Programme des travailleurs étrangers temporaires [PTET] à Québec, a indiqué en entrevue au Journal la ministre fédérale de l’Emploi, Carla Qualtrough, hier. 

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« Quand on peut donner la possibilité au Québec, on le fait », a indiqué la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et de l’Inclusion des personnes en situation de handicap, Carla Qualtrough, lors d’un entretien en français au Journal, hier.

« S’il y a une situation, on peut la régler rapidement », a-t-elle expliqué, en disant avoir eu de bonnes rencontres avec son homologue québécois.

Mesures annoncées

Vendredi dernier, le ministre québécois de l’Immigration, Jean Boulet, avait réaffirmé au Journal qu’il souhaite toujours que le Programme des travailleurs étrangers temporaires [PTET] soit géré par Québec.  

Or, en entrevue au Journal, hier, la ministre de l’Emploi du gouvernement Trudeau, qui gère l’étude d’impact sur le marché du travail (EIMT), a fermé la porte à la demande de Québec, mais a reconnu que les délais étaient longs.

« On sait qu’il y avait des délais qui étaient très frustrants pour les employeurs », a concédé Carla Qualtrough, qui a annoncé hier une série de nouvelles mesures pour renverser la vapeur.

Nombre illimité de postes à bas salaires dans la transformation des industries saisonnières, durée d’emploi de 180 à 270 jours par année, impact sur le marché du travail (EIMT) valide jusqu’à 18 mois... Ottawa a assoupli le PTET pour aider les provinces rongées par la pénurie de main-d’œuvre.

Désormais, la durée d’emploi maximale des travailleurs dans les volets des postes à haut salaire et des talents mondiaux passera de deux à trois ans.

Fin avril, des secteurs touchés, comme l’hébergement et la restauration, pourront même avoir 30 % de leur main-d’œuvre avec le programme.

  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio : 

Pénibles délais

Pendant ce temps, des patrons d’entreprise doivent patienter, comme Guillaume Talbot, président de la Boulangerie Auger, qui attend toujours ses 11 travailleurs de la Tunisie, du Maroc et de la Côte d’Ivoire.

L’absence de ses deux électromécaniciens et de ses neuf boulangers se fait sentir sur le plancher de l’usine.

« Ça devait prendre quatre mois, et on approche du “un an”. On a un besoin criant de main-d’œuvre. Les délais sont trop longs, et on ne sait pas pourquoi », a-t-il conclu.

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