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6e vague: le Québec néglige un outil important

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La sixième vague déjoue les plans. La Santé publique doit reporter la levée de l’obligation de porter le masque. Cependant, plus question de fermer les restaurants ou salles de spectacle. Nous sommes rendus à une autre étape de la pandémie.

Nous commençons à être habitués : avec une flambée des cas vient une montée des hospitalisations. Nous connaissons la conséquence : nos hôpitaux déjà engorgés en ont plein les bras et sont forcés de reporter des chirurgies. Décourageant pour les 160 000 Québécois déjà en attente, dont certains depuis plus d’un an.

Pourtant, un nouvel outil existe pour prévenir les hospitalisations. Les antiviraux à prise orale diminuent significativement les risques qu’une personne qui a eu le malheur de contracter la COVID-19 ne développe une forme sévère de la maladie.  

Dans le cas du Paxlovid de Pfizer par exemple, les études cliniques démontrent une réduction des risques de séjour à l’hôpital de l’ordre de 90 %. En cas de prescription élargie de tels médicaments, la différence serait énorme en matière de pression sur le système de santé. Sans oublier que d’avoir des gens moins malades, c’est un heureux dénouement en soi.  

  • Écoutez l'édito de Mario Dumont diffusé chaque jour en direct 17 h 27 via QUB radio :   

Sur les tablettes

Or, le recours étendu aux antiviraux progresse de façon bien timide au Québec. Dans le cas de la pilule de Merck, le gouvernement canadien a réservé des approvisionnements, mais ils dorment sur des tablettes puisque l’autorisation de Santé Canada se fait attendre.  

Dans le cas du Paxlovid, tout est approuvé depuis la mi-janvier et les provinces reçoivent des approvisionnements. Cependant, les dernières données disponibles montrent la très faible utilisation qui en est faite à ce jour. Fin mars, on constatait que près de 99 % des doses livrées au Québec dormaient aussi sur des tablettes, mais pour d’autres raisons.

Il faut dire que la prescription du médicament exige de la souplesse et de la rapidité. Ce ne sont pas les forces de notre système de santé. Un patient ayant un test positif et qui présente des facteurs de risque doit commencer le traitement à l’intérieur d’un délai de cinq jours après l’apparition des symptômes.  

Prendre un rendez-vous et voir un médecin dans ce délai, pas toujours évident. Voici un autre exemple où les dysfonctionnements du système de santé entraînent une surcharge aux autres départements du même système. Parce qu’un patient ne peut pas obtenir un antiviral en quelques minutes en première ligne, il finira par occuper un lit d’hôpital pendant quelques jours.  

  • Écoutez la rencontre Dutrizac – Dumont diffusée chaque jour en direct 7 h via QUB radio :   

Progrès en vue ?

Pour faciliter l’accès, les pharmaciens sont autorisés depuis une semaine à prescrire eux-mêmes ces médicaments. Hier lors de la conférence de presse sur le port du masque, le Dr Boileau et son acolyte ont parlé d’un « accès remarquable au Paxlovid ». Espérons que ça puisse devenir vrai.

Dans ce fameux coffre à outils pour vivre avec la COVID-19, ces antiviraux devront s’ajouter et vite. Après le masque et les tests rapides, on finira par croire que nous ne sommes pas vites à intégrer les innovations.

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