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Mieux préparés pour affronter le prochain coronavirus

La découverte de chercheurs à Montréal permettra de créer sans tarder un antiviral

Dr Nabil G. Seidah
Photo Chantal Poirier Le docteur Nabil G. Seidah, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, a accueilli Le Journal dans son bureau ainsi que dans ses laboratoires, dans lesquels travaillent environ une quinzaine de personnes.

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Une équipe de chercheurs montréalais a réalisé une importante percée qui permettrait de développer rapidement un antiviral avant l’arrivée d’un vaccin si un prochain coronavirus menace de déclencher une nouvelle pandémie.

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«Ça va devoir attendre à [un prochain coronavirus], car les gens sont vaccinés maintenant, mais on sera prêt avec un arsenal cette fois-ci. Vaut mieux être prêt que pris au dépourvu», lance le Dr Nabil G. Seidah, chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).

Deux enzymes présentes dans le corps – la furine et la TMPRSS2 – servent à activer l’infection en permettant au virus de fusionner avec les membranes des poumons ou des voies respiratoires, par exemple.

Dr Nabil G. Seidah
Photo Chantal Poirier

Le rôle de la furine était déjà connu des scientifiques: plusieurs autres virus infectieux l’exploitent pour s’activer.

Or, le Dr Seidah, avec le Dr Éric A. Cohen et une équipe de chercheurs, ont découvert la fonction cruciale de la TMPRSS2 dans l’infection. Ils ont publié un article à ce sujet il y a une semaine dans la prestigieuse revue scientifique Journal of Virology.

Dr Nabil G. Seidah
Photo Chantal Poirier

«Le maudit virus, quand tu lui bloques la furine – avec un antiviral – il se débrouille. Il a trouvé un autre enzyme pour l’aider. C’est comme si on bloque une seule narine du nez, l’air passe quand même. Il faut donc combiner un médicament contre les deux [enzymes] pour vraiment empêcher ce virus d’infecter», résume le directeur de l’unité de recherche en biochimie neuroendocrinienne.

Dr Nabil G. Seidah
Photo Chantal Poirier

Pour le futur

La COVID-19 n’est pas le premier coronavirus à voir le jour. Il en existe déjà sept, dont trois qui peuvent être mortels. Le chercheur soutient que d’autres vont assurément apparaître dans le futur.

«[Notre découverte] est applicable à tous les coronavirus, car on attaque la cellule haute, qui elle ne mute pas. On pourra donc donner ces inhibiteurs – par une pilule ou un spray nasal – aux patients jusqu’à ce qu’un nouveau vaccin arrive», précise le Dr Seidah.

Le chercheur de renommée mondiale a ouvert les portes de ses laboratoires au Journal dans le cadre de la Journée mondiale de la santé, qui aura lieu demain. Sur son bureau trône un modèle en 3D de sa plus grande découverte en carrière, datant de 2003: l’enzyme PCSK9.

Il s’agit de la neuvième et dernière membre du groupe des proprotéines convertases, essentielles pour activer les hormones dans notre corps, dont fait aussi partie la furine et la TMPRSS2.

L’enzyme PCSK9 participe au métabolisme du cholestérol, donc les travaux précurseurs du Dr Seidah avaient ensuite permis à une entreprise pharmaceutique de trouver un traitement contre l’hypercholestérolémie, en 2015.

Dr Nabil G. Seidah
Photo Chantal Poirier

Encore plus de projets

Âgé de 73 ans, le docteur n’est pas à la veille de sa retraite. Il confie avoir encore des projets plein la tête: «Là, je m’intéresse à la septième des proprotéines. J’ai incubé des cellules humaines avec de l’huile d’olive. Elles accumulent ainsi du gras. Ensuite, j’enlève PSK7 par une méthode et le gras [disparaît]», raconte-t-il.

Ils mènent présentement des essais sur des souris et si sa théorie se confirme, il souhaite développer, lui-même cette fois-ci, un médicament qui permettrait de prévenir des pathologies comme la maladie du foie gras non-alcoolique, «une épidémie silencieuse dans notre société.»

Originaire de l’Égypte, le Dr Seidah s’est intéressé à la science dès l’âge de 4 ans à cause de sa grand-mère, qui était atteinte de schizophrénie.

«Elle souffrait et à ce moment, je me suis dit que je devais faire quelque chose pour elle», se remémore-t-il, en convenant avoir quelque peu dérivé de sa mission initiale.

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