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État d’urgence: la CAQ se fout de la démocratie

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Le premier ministre n’a pas tort: quand tu es triplement vacciné et que tu attrapes le virus, tu le vis, la plupart du temps, comme un rhume. Notons tout de même que certains concitoyens sont encore hospitalisés et perdent la vie à cause de ce virus.

Cependant, le premier ministre a un devoir de cohérence. Le gouvernement ne peut pas, d’un côté, nous dire que nous sommes une des nations les plus vaccinées, que cela contribue grandement à diminuer les complications, et du même souffle renouveler l’état d’urgence pour la 107e fois depuis le début de la crise sanitaire. 

Le gouvernement ne peut pas nous dire que l’état d’urgence est encore nécessaire, alors qu’on nous dit au quotidien que nous devons apprendre à vivre avec le virus.

Le gouvernement ne peut pas prévoir une levée de l’obligation du port du masque pour la fin du mois et nous dire qu’il a encore besoin de mesures exceptionnelles pour passer à travers les prochains mois. 

Le gouvernement ne peut fermer le plus grand centre de vaccination de la province, le Parc olympique, et nous dire qu’il a besoin de ces pouvoirs pour assurer la vaccination. 

  • Écoutez la rencontre Yasmine Abdelfadel et Dominic Vallières diffusée chaque jour en direct 6 h via QUB radio :

Antidémocratique

Le gouvernement gère par décret depuis mars 2020. Si j’ai moi-même appuyé et soutenu cette manière de faire en début de crise, alors que nous nagions collectivement en plein flou, non seulement cela ne se justifie-t-il plus depuis belle lurette, mais cela devient profondément antidémocratique. 

Les partis d’opposition, que cela plaise ou non au gouvernement, sont composés d’élus que la population a choisis pour la représenter à l’Assemblée nationale. Ils ont les pouvoirs et les privilèges inhérents à leur fonction de législateurs. Le gouvernement a beau connaître des sondages favorables plusieurs mois, voire plusieurs années, cela ne lui donne pas le droit de gouverner en tout-puissant. 

Rappelons que notre démocratie se base sur un principe clair: l’équilibre et la séparation des pouvoirs entre l’exécutif (le gouvernement), le législatif (le Parlement et ses 125 élus) et le judiciaire (les tribunaux).

Si on caricature, cela veut dire que le législatif élabore la loi, que l’exécutif la met en pratique et que le judiciaire la fait respecter. 

Or le gouvernement veut élaborer et exécuter la loi, sans consultation, sans négociation et sans devoir débattre au parlement. Les membres du gouvernement ne veulent tout simplement pas joueur leur rôle de législateurs. C’est, malheureusement, un mépris d’un principe important de notre démocratie, et les conséquences pourraient perdurer au-delà du 3 octobre prochain. 

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