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Tramway: le fiasco de la CAQ

Tramway: le fiasco de la CAQ
Capture d'écran, Ville de Québec

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Il aura fallu l’intervention du premier ministre, François Legault, pour dénouer l’impasse sur les décrets du tramway, au terme d’un psychodrame initié par les élus de Québec qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Quel fiasco!

Plutôt que de surfer sur un budget du Québec plutôt bien accueilli, depuis deux semaines, le gouvernement Legault s’est empêtré dans une querelle sur le tramway complètement inutile avec le maire de Québec.  

Rappelons que le jour même de la présentation du budget, Le Journal révélait que le gouvernement s’opposait à une rue partagée sur René-Lévesque, scénario privilégié par la Ville.  

Cet empiétement sur les compétences municipales a non seulement soulevé l’ire du maire de Québec, mais aussi de ses collègues des grandes villes. L’épisode a pris beaucoup de place dans le débat public, forçant le gouvernement à reculer.  

Puis, le premier ministre s’est mis à parler d’acceptabilité sociale pour le tramway, une formule qui, sans le nommer, faisait assurément référence à un référendum, maintes fois réclamé par les opposants au projet.  

Jonatan Julien, ministre de l’Énergie et député de Charlesbourg, est même allé jusqu’à prétendre qu’il fallait une majorité de «50 % + 1». Ce dernier, qui a auparavant défendu le projet comme conseiller d’Équipe Labeaume, n’en avait pas assez que son gouvernement ait exigé le retrait de la portion du tracé dans son propre comté. Il ne se comporterait pas autrement s’il s’affichait en opposant au projet.  

Beaucoup de dégâts

Tout cela pour en arriver, mercredi, avec des décrets sans condition. Certes, il s’agit d’une excellente nouvelle pour le projet et pour Québec. Mais un tel dérapage n’aura causé que bien des dégâts. 

Le gouvernement a effectivement embrouillé ses relations avec Bruno Marchand, en plus de se mettre à dos les maires des grandes villes qui lui ont reproché d’empiéter sur les compétences municipales.  

À entendre Geneviève Guilbault, le maire de Québec avait besoin de la CAQ pour savoir comment mener son projet. Dès son arrivée au pouvoir, à l’automne, le maire a pourtant signalé la nécessité d’améliorer le taux de mobilisation derrière le tramway, et la communication avec les citoyens.  

M. Marchand a multiplié les efforts pour atteindre ces objectifs. Il a organisé un plénier avec les élus à l’hôtel de ville, des consultations avec les citoyens dont plusieurs restent à venir, des publications sur les réseaux sociaux et une vidéo actualisée du projet a été présentée.  

Arrogance outrancière

Les ministres caquistes ont visiblement cru qu’ils pouvaient se permettre d’user d’arrogance outrancière face à un nouveau-venu en politique. On a même tenté de lui soutirer un appui pour le troisième lien, alors qu’un grand flou entoure toujours le projet. 

Ce chantage autour du troisième lien n’est d’ailleurs pas terminé. Geneviève Guilbault a bien averti, mercredi, que «c’est sûr que le gouvernement n’a pas terminé son ‘‘intervention’’ dans ce projet» de tramway.  

La ministre a notamment évoqué les coûts qui restent à préciser, et les autres décrets qui devront être accordés.  

Or il est déjà connu que les coûts du tramway auront augmenté, comme cela se produit avec tous les projets au Québec, avec le temps qui passe. Quand je dis que la bataille n’est pas gagnée... 

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