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«Un peuple extrêmement fier»: des militaires ayant entraîné des Ukrainiens pas surpris par leur férocité

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Les sergents Yohan Morin-Denis (à gauche) et David Laflamme ont pris part à l’entraînement des forces ukrainiennes dans les derniers mois, dans le cadre de l’Opération UNIFIER. Ils sont rentrés au pays en février, au moment où la Russie a envahi l’Ukraine.

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Des militaires québécois qui ont participé à l’entraînement des troupes ukrainiennes et les ont côtoyées durant plusieurs mois ne sont pas surpris par la férocité avec laquelle elles se défendent face à l’envahisseur. 

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«Il n’était aucunement question que les Russes puissent rentrer facilement dans leur pays», clame l’un d’eux.

Entre septembre 2021 et février dernier, le sergent David Laflamme, membre du 5e Régiment du génie de combat, a vécu à Mykolaïv, plus grand port d’Ukraine, et qui comptait environ 475 000 habitants avant la guerre. 

Cette ville est la cible de plusieurs attaques et de bombardements russes depuis le début de la guerre.
Photo AFP
Cette ville est la cible de plusieurs attaques et de bombardements russes depuis le début de la guerre.

Comme près de 200 militaires canadiens, dont 158 appartenant au 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, de la Garnison Valcartier, il a participé à l’Opération UNIFIER.

Son rôle de sergent des opérations pour le groupe d’entraînement collectif lui a notamment permis de côtoyer de près la population locale. «Clairement, les Russes ont sous-estimé l’armée ukrainienne», assure-t-il.

«C’est un peuple extrêmement fier. Il n’était aucunement question qu’il donne un pouce aux Russes. Ils étaient là pour défendre l’Ukraine à tout prix.»

Bons élèves

Le sergent Yohan Morin-Denis, membre du 1er Bataillon du Royal 22e Régiment, vante lui aussi « les bons élèves » qu’il a entraînés.

«C’est un peuple qui est très fier, et qui se tient», souligne le militaire dont le rôle en Ukraine consistait à aider à l’entraînement de l’infanterie ukrainienne. Il a ainsi vu de près ce dont elle était capable. 

Quebec
Photo Stevens Leblanc

Il ne croyait toutefois pas qu’ils résisteraient si longtemps. « Je suis agréablement surpris. » 

Les Canadiens leur ont notamment montré à « prendre le pouls » des soldats après un exercice, alors que les Ukrainiens « ne comprenaient pas pourquoi on faisait ça ».

« Ils se sont rendu compte que c’était bon pour eux parce que leurs soldats amenaient de bons points de vue », se rappelle le sergent Morin-Denis.

« Un gros choc »

Les deux militaires, qui ont notamment été déployés en Afghanistan par le passé, sont rentrés au pays au moment où Vladimir Poutine donnait l’ordre à son armée d’envahir l’Ukraine. 

C’est donc en sortant de l’avion, quand ils ont réactivé leurs téléphones cellulaires, qu’ils ont eu « un très gros choc » en apprenant la nouvelle.

Le sergent Laflamme, au centre, et d’autres militaires canadiens ont participé à un projet de bénévolat avec un orphelinat pour enfants handicapés de la ville de Mykolaïv.
Photo courtoisie, Forces armées canadiennes
Le sergent Laflamme, au centre, et d’autres militaires canadiens ont participé à un projet de bénévolat avec un orphelinat pour enfants handicapés de la ville de Mykolaïv.

Dans les jours qui ont suivi, Mykolaïv a subi les assauts et les bombardements presque quotidiennement.

Les sergents Laflamme et Morin-Denis, deux militaires d’expérience, admettent avoir « pris une pause des nouvelles », incapables de voir ce que devient la patrie qui les a accueillis durant six mois.

«Ça jouait sur le moral», confie le sergent Laflamme. 

Bénévolat

Les militaires canadiens prenaient part à deux projets de bénévolat à Mykolaïv, l’un avec l’hôpital des vétérans de l’armée ukrainienne, l’autre avec un orphelinat dédié aux enfants handicapés. 

Ils s’inquiètent du sort qu’ont pu connaître les gens qui sont restés sur place, d’autant plus que trois hôpitaux de cette ville ont été bombardés cette semaine. 

«On avait des liens avec certains civils, là-bas, avec qui on discutait. Et de voir ce qui arrive là, tu te demandes: est-ce qu’ils sont corrects? Est-ce qu’ils vont bien? Sont-ils encore en vie?» se questionne le sergent Morin-Denis.

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