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Meurtre à Québec: des lacunes en santé mentale au Québec

Des experts déplorent le manque de ressources à la suite du meurtre de Jacques Côté

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Le meurtre d’un sexagénaire dans le secteur de Lac-Saint-Charles, mercredi, qui aurait été commis par un homme en crise, est un triste exemple des lacunes dans la gestion des problèmes de santé mentale au Québec, soulignent des experts, alors que le BEI enquêtera sur les interventions du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) entourant le drame.

• À lire aussi: Meurtre à Lac-Saint-Charles: sa dangerosité «gravement sous-estimée»

« C’est une illustration tragique des constats qu’on a faits. Il y a des ressources qui manquent, notamment chez la police, et ça peut occasionner ce genre de drame », indique le chercheur Guillaume Hébert à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Plus tôt cette semaine, M. Hébert et ses collègues publiaient une étude indiquant qu’il était urgent de « réinventer le modèle » de financement de la police au Québec pour mieux l’adapter aux besoins de la population.

« Il faut rediriger une partie des ressources, notamment en services sociaux. La police est de plus en plus débordée de demandes liées à la santé mentale, alors qu’elle n’est pas nécessairement bien outillée pour y faire face », affirme M. Hébert.

Des situations complexes

Deux jours avant le drame, les policiers se sont rendus au domicile du suspect, Kim Lebel, puisque ses parents s’inquiétaient de son comportement. Il était en crise et tenait depuis quelque temps des propos incohérents.

Ils sont repartis après avoir jugé que son état ne nécessitait pas d’intervention immédiate et ont dirigé la famille vers un organisme d’aide.

Les parents du suspect Kim Lebel (photo) avaient fait part de leurs inquiétudes à la police de Québec deux jours avant l’agression violente survenue mercredi à Lac-Saint-Charles qui a coûté la vie à Jacques Côté, 65 ans. Le Bureau des enquêtes indépendantes se penchera sur les événements.
Photo tirée de Facebook
Les parents du suspect Kim Lebel (photo) avaient fait part de leurs inquiétudes à la police de Québec deux jours avant l’agression violente survenue mercredi à Lac-Saint-Charles qui a coûté la vie à Jacques Côté, 65 ans. Le Bureau des enquêtes indépendantes se penchera sur les événements.

Or, selon nos informations, aucun intervenant social n’accompagnait les policiers lors de leur évaluation. Il y avait seulement un agent formé en « désescalade ». Il s’agit d’une erreur puisque la présence d’un intervenant social aurait pu changer la donne, d’après plusieurs experts.

« Il faut mettre à contribution l’expertise en santé mentale et travailler en équipe, parce que ce sont des situations complexes », indique le directeur général du réseau Avant de craquer, René Cloutier, soulignant au passage l’importance d’une meilleure accessibilité à des services de proximité.

Le SPVQ sous la loupe

L’ex-enquêteur de la Sûreté du Québec Paul Laplante refuse quant à lui de pointer du doigt l’intervention des agents de police auprès du suspect, qui a eu lieu 48 heures avant le drame.

« Les policiers ont évalué la situation avec les éléments qu’ils avaient. S’ils ont jugé qu’il n’était pas un danger pour lui ou autrui à ce moment-là, ils ne pouvaient rien faire de plus », explique-t-il.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a néanmoins déclenché une enquête dans ce dossier concernant les circonstances de l’intervention impliquant le SPVQ. L’enquête sur l’homicide a quant à elle été transférée à la Sûreté du Québec. 

DES INTERVENTIONS COMPLEXES 

« Si on avait un meilleur accès aux services et qu’on travaillait moins en silo, on pourrait réduire de beaucoup ce genre de situation dramatique. »

– René Cloutier, directeur général du réseau Avant de craquer


 

« Le SPVQ a fait des pas considérables dans l’accompagnement des gens qui souffrent d’enjeu de santé mentale. [...] Ma confiance est totale envers notre service de police. »

– Bruno Marchand, maire de Québec


 

« Dans un monde idéal, il faudrait qu’il y ait des intervenants sociaux qui soutiennent les policiers chaque fois qu’il y a un dossier de santé mentale. C’est essentiel. »

– Claire Gamache, présidente de l’Association des médecins psychiatres du Québec

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