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Trudeau et Freeland mettent la pédale douce sur les dépenses

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Surprise ! Contrairement à ce que nombre d’observateurs anticipaient, dont moi-même, le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau ne va pas dépenser la totalité des revenus supplémentaires que la solide croissance économique et les surtaxes bancaires lui rapporteront au cours des cinq prochaines années.

Et par le fait même, cela lui permet de présenter au bout du compte des déficits inférieurs à ce que la ministre des Finances, Chrystia Freeland, avait prévu lors de sa Mise à jour économique et budgétaire de 2021 en décembre dernier. En voici le décompte. 

Pour les cinq exercices financiers allant du 1er avril 2022 au 31 mars 2027, le gouvernement Trudeau prévoit récolter 49,4 milliards $ de revenus additionnels par rapport aux prévisions effectuées par la ministre Freeland en décembre. 

En incluant les « interventions stratégiques » annoncées en décembre dernier et les nouvelles mesures contenues dans le budget 2022-2023 d’hier, le gouvernement Trudeau va dépenser lors des cinq prochaines années quelque 29,6 milliards de plus que le montant des dépenses prévues lors de cette mise à jour. 

Résultat ? Les prochains déficits annuels s’annoncent moins élevés que les montants anticipés il y a quelques mois. On parle ici d’une diminution « globale » de quelque 19,8 milliards $ pour les cinq prochains exercices.  

  • Écoutez l'édito économique de Michel Girard diffusé chaque jour en direct 6 h 50 à QUB radio : 

DÉFICITS À VENIR 

Ce n’est certes pas la fin du monde puisqu’au total des cinq prochaines années financières, la ministre Freeland accumulera tout de même des déficits pour un montant global de 147,5 milliards $.

Mais dans le cas du gouvernement de Justin Trudeau, qui a la réputation d’être un grand dépensier, c’est un « effort » de redressement budgétaire qui mérite d’être souligné.

Après avoir bouclé le dernier exercice financier 2021-2022 dans le trou de 113,8 milliards $, la ministre Freeland prévoit pour l’an 1 du « nouveau » gouvernement minoritaire de Justin Trudeau réduire le déficit sous la barre des 53 milliards $. 

Et la diminution des déficits se poursuivra au fil des quatre autres exercices financiers. En 2026-2027, si tout se déroule selon les prévisions budgétaires, le fédéral se retrouvera avec un déficit de « seulement » 8,4 milliards. 

Ce qui est en soi des « pinottes » à comparer au déficit record de 328 milliards $ de la dramatique année financière 2020-2021, où Justin Trudeau a soutenu à bout de bras l’économie canadienne avec son vaste programme d’aide financière de quelque 500 milliards $.

Un vaste programme qui, rappelons-le, a aidé toutes les victimes de la pandémie, les particuliers, les entreprises et les gouvernements provinciaux. 

DÉPENSES vs REVENUS

Alors que les dépenses (program-mes, frais d’intérêt) vont croître de 11,9 % au cours des quatre prochaines années, les revenus budgétaires, eux, progresseront de 21,4 %. 

Concrètement, les dépenses augmen-teront en quatre ans de 53,8 milliards, passant de 452,3 milliards en 2022-2023 à 506,1 milliards en 2026-2027.

Pendant cette même période, les revenus vont grimper de 87,6 milliards, soit de quelque 408,4 milliards (2022-2023) à 496 milliards en 2026-2027.

ET LA DETTE ? 

Mine de rien, avec une croissance des dépenses moins élevée que la croissance des revenus, et des déficits inférieurs aux prévisions de décembre dernier, cela permet à la ministre Chrystia Freeland de présenter un niveau de dette fédérale inférieur à celui qu’elle avait anticipé il y a quelques mois. 

La ministre des Finances prévoit que la dette fédérale atteindra dans cinq ans les 1308 milliards $, en hausse de 147,6 milliards par rapport au niveau actuel de la dette. 

En l’espace d’à peine deux ans, soit depuis le début de la pandémie en mars 2020, la dette fédérale a explosé de 439 milliards $, voire de 61 %, pour atteindre à la fin de mars dernier les 1161 milliards $. 

Évidemment plus la dette grimpe, plus la facture des frais d’intérêt grimpe. Les frais de la dette fédérale atteindront les 43 milliards $ dans cinq ans. C’est le double de ce qu’il nous en coûtait en 2020-2021.

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