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Affaire Delisle: une enquête publique est réclamée

GEN - LE JUGE JACQUES DELISLE
Photo d'archives, Martin Alarie

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Le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale devrait faire l’objet d’une enquête publique, selon l’avocat torontois James Lockyer, qui a tenté durant sept ans de démontrer que Jacques Delisle avait été victime d’une erreur judiciaire.

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«Il y a des problèmes sérieux avec ce laboratoire à Montréal. D’énormes problèmes! Il devrait y avoir une enquête publique, selon moi», a commenté vendredi James Lockyer, qui a piloté la demande de révision ministérielle de Jacques Delisle auprès du ministre fédéral de la Justice, entre 2014 et 2021.

Autopsie «inadéquate»

Le fondateur d’Innocence Canada avait été informé quelques heures plus tôt de l’arrêt des procédures prononcé dans cette affaire. Il se dit satisfait que le tribunal ait reconnu les fautes graves commises par le pathologiste André Bourgault, au moment de l’autopsie.

«C’est ce qu’on s’évertuait à répéter! C’était le cœur de la demande de révision ministérielle. C’était une autopsie complètement inadéquate», plaide Me Lockyer, joint par téléphone à Toronto.

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«Problèmes systémiques»

Au-delà des manquements du Dr Bourgault, James Lockyer multiplie les reproches envers les pathologistes et balisticiens du Laboratoire qui ont travaillé dans le dossier de Jacques Delisle. 

À ses yeux, ces scientifiques se seraient obstinés à refuser d’admettre une quelconque erreur de leur part, malgré les preuves nouvelles soulevées par d’autres experts.

Me Lockyer cite aussi le manque d’objectivité d’un balisticien, lequel a finalement été écarté du dossier par la Couronne en 2021. 

En effet, Guillaume Arnet avait fait parvenir un courriel au ministère public, dans lequel il affirmait que Jacques Delisle «a abattu son épouse d’une balle dans la tête», a-t-on appris dans la décision du juge Émond, hier. Face à cette apparence de partialité, le DPCP n’a eu d’autre choix que de le retirer de cette affaire.

Refus de collaborer

James Lockyer rappelle aussi que le Laboratoire a refusé, au printemps 2014, de lui fournir la preuve balistique, alors qu’il souhaitait la faire analyser par d’autres experts. 

Cette autorisation a finalement été accordée une année plus tard, lorsque le clan Delisle a déposé publiquement sa demande de révision ministérielle.

Le ministère de la Sécurité publique, dont relève le Laboratoire, a refusé de commenter le dossier, hier.

– Avec la collaboration de Pierre-Paul Biron

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