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Le fameux «nouveau» troisième lien...

3e lien (troisième lien)
Illustration courtoisie

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La nervosité est à son comble, dans les officines du gouvernement Legault, à deux jours de la présentation de la nouvelle mouture du troisième lien.

C’était à prévoir pour quiconque se penche sérieusement sur ce projet: le troisième lien continue d’être la patate chaude de la CAQ.

Difficile à vendre auprès des analystes et experts, qui ne peuvent y voir autre chose qu’un projet d’une époque révolue, le tunnel est loin de faire l’unanimité chez les élus de la région.

Pire encore, le projet ne passe pas dans l’ensemble du Québec, et particulièrement à Montréal.

Projet caricatural

Mon collègue Rémi Nadeau a révélé que dans la nouvelle version réduite, qu’on connaîtra jeudi, le tunnel coûterait moins que 7 à 10 milliards, et ne compterait qu’un étage. 

Ces modifications ne sont donc pas surprenantes. L’idée de faire du troisième lien le plus long tunnel autoroutier en Amérique du Nord, et l’un des plus profonds au monde, l’a rendu encore plus caricatural qu’il ne l’était déjà.

Puis, la CAQ demeure fidèle à son habitude de gouverner par sondages. Elle se base sur l'idée, vérifiée par coup de sonde, selon laquelle l’appui augmenterait au Québec si l’ampleur du projet, et son coût, diminuaient.

Et c’est là tout l’enjeu. À quelques mois des élections, le gouvernement tente de rendre le tunnel plus acceptable, surtout du côté de Montréal. Son revirement par rapport aux décrets du tramway, qu’il a finalement autorisés avec l’air de se boucher le nez, sans condition, n’y est pas étranger non plus.

Hélas, le réseau structurant de Québec continue de servir de monnaie d’échange pour le troisième lien depuis l’élection de la CAQ.

Posture appropriée

Un aperçu de cette nouvelle mouture du troisième lien a été présenté aujourd'hui par le gouvernement au maire de Québec. Bruno Marchand adopte la posture mentale la plus appropriée dans les circonstances. Il ne se fait pas d’attente, et n’entend pas prendre de position définitive pour le moment.

D’une part, le premier élu de Québec se retrouve coincé, comme son prédécesseur, dans le piège où le tramway sert de monnaie d’échange. En proie au chantage, il doit ménager ses relations avec le gouvernement.

D’autre part, M. Marchand ne disposera pas des éléments nécessaires pour se prononcer. On peut imaginer que cette présentation sera, encore une fois, à très haute teneur politique. C’était le cas l’an dernier, sans précision sur le tracé, le besoin et les coûts.

Puis, il y a fort à parier que la grande question demeurera sans réponse. Pourquoi les gens établis dans l’ouest de Lévis et travaillant dans l’ouest de Québec, lesquels représentent les trois quarts des utilisateurs des ponts actuels, prolongeraient-ils leur parcours dans les deux directions pour aller emprunter un troisième lien?

La réponse est simple. Ces utilisateurs n’auraient aucun avantage, ce qui démontre tout l’illogisme du projet. Au lieu de rééquilibrer la circulation, il ne fera que favoriser l’étalement urbain.

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