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Mère ordinaire ou mère supérieure?

Teacher wearing protective mask to Protect Against Covid-19,Group of school kids with teacher sitting in classroom online and raising hands,Elementary school,Learning and people concept.
Photo Adobe Stock

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Bianca Longpré, mieux connue sous le nom de «Mère ordinaire», a déclenché une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux la semaine dernière.

Avec raison. 

Une maman qui se plaint que son enfant va «encore» changer d’enseignante à cause d’un départ en congé de maternité a de quoi nous surprendre dans une société comme la nôtre.

Bianca Longpré
Photo d'archives Agence QMI, TOMA ICZKOVITS
Bianca Longpré

Mais à bien y penser, ce n’est guère surprenant.

La vocation

L’enseignement est un emploi où les femmes sont présentes en forte majorité. Un job qu’on appelle encore une vocation. Ce qui est loin d’être une coïncidence. Lorsque la vie vous prédestine à un rôle déterminé, vous devez être obéissant et reconnaissant.

«Dans la coutume, les jeunes femmes n’ayant pas trouvé mari à 25 ans devaient coiffer le bonnet de la sainte Catherine. Elles devenaient ainsi “vieilles filles.”» Pourquoi ne pas engager celles qui vouent un culte à la patronne des femmes célibataires? 

J’entends votre désaccord. Comment pourraient-elles comprendre nos trésors? Celles qui n’ont pas d’enfants ne connaissent pas les enfants.

Et pourquoi ne pas revenir à l’époque des religieuses? Bâtir une communauté d’enseignantes qui sont là pour LA bonne raison: la vocation. Avec une place au ciel comme récompense, enseigner doit être jouissif. 

Je sais. Je divague. 

  • Écoutez la chronique de Sylvain Dancause avec Geneviève Pettersen à QUB radio.

Dans une optique plus rationnelle, on pourrait inverser la période de vie active et la retraite pour les femmes qui ont la vocation et qui désirent faire carrière dans un domaine qui demande l'abnégation. Je propose donc la retraite de 23 à 40 ans et la carrière de 40 à 75 ans.

C’est que, voyez-vous, il semble que certaines mères soient plus importantes que d'autres...

Temps partiel

Comme un malheur n’arrive jamais seul, Le Journal nous apprenait hier que le temps partiel des profs complique la tâche des directions. Le président de la Fédération québécoise des directions d'établissement nous informait qu’avoir plus d’un enseignant peut avoir un impact sur la réussite des jeunes. 

En éducation, dans un argumentaire ayant comme objectif la culpabilisation des travailleurs, il est facile d’instrumentaliser le mot «enfant».

Le patronat ne semble pas comprendre le besoin de travailler à temps partiel. Et il n’est certainement pas le seul à s’interroger sur ce genre de «caprice» des enseignantes. C’est normal. Dans notre société actuelle, plusieurs se définissent d’abord et avant tout par leur travail. Quel fainéant réclame un congé sans traitement à temps partiel?

Une femme-mère-enseignante (au primaire surtout) qui désire être présente, efficace et performante à la maison et au travail. Une femme à la recherche d’un équilibre de vie afin d’être présente à 100% pour ses enfants à la maison et «ses» enfants à l’école. L’enseignante qui comprend que l’état de sa santé, physique et surtout psychologique, a un impact immense sur la qualité de son enseignement. 

Pour faire face à la pénurie des enseignants, deux solutions s’affrontent: en produire davantage ou diminuer leur décrochage.

À l’ère du jetable, il semble que notre vision consumériste l’emporte. 

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