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On doit penser santé mentale lors d’interventions policières

Dans les derniers mois, des proches avaient demandé de l’aide avant un drame

FD-FEMME POIGNARDEE-MONTREAL
Photo Agence QMI, Thierry Laforce Vendredi, les policiers ont été appelés sur la rue Aylwin, à Montréal, pour le meurtre de Cynthia Landry.

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Le système est mésadapté quand vient le temps d’aider un individu présentant des troubles mentaux et qui refuse des soins, déplorent des expertes dans la foulée de crimes impliquant des gens possiblement en crise. 

«On est un peu coincés à attendre que les gens [avec un trouble mental] deviennent dangereux pour intervenir» et aider la personne, s’est désolée hier la Dre Claire Gamache, présidente de l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ).

Dans les derniers mois, au moins trois meurtres impliquaient des victimes ou des accusés possiblement en crise, et pour qui les proches avaient tenté d’obtenir de l’aide quelques jours plus tôt. 

Même s’il faudra faire la lumière sur les circonstances de ces drames, ils soulèvent des réflexions quant au consentement à recevoir des soins. 

«La grande majorité des psychotiques ne seront jamais dangereux, mais ils ne vont pas bien et peuvent se mettre dans des situations où ils sont extrêmement mal pris, et leurs familles, dévorées par l’inquiétude», a déploré Christine Grou, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec.

Et en santé mentale, plus on est malade, moins on veut se faire soigner, poursuit-elle. 

Un danger immédiat

Mais pour que les policiers puissent intervenir et hospitaliser une personne contre son gré, il faut qu’elle représente dans l’immédiat un danger contre elle-même ou autrui, ce qui ne laisse pas place à la prévention. 

Et le degré de dangerosité n’est pas toujours facile à évaluer, selon la psychologue.

«Le passage à l’acte n’est pas facile à prévoir chez les psychotiques. [...] Si la personne commet un acte violent, là ça devient évident. Mais on ne veut pas attendre ça. On veut essayer de le prévenir», a-t-elle ajouté.

Catherine Lapointe, avocate au programme d’accompagnement justice et santé mentale à l’aide juridique de Montréal, a abondé dans le même sens. 

Apte à décider?

«On protège beaucoup les droits de la personne, mais quand la personne est en crise, est-elle vraiment apte à savoir ce qui est bon pour elle ?» s’est-elle questionné. 

À son avis, il est clair qu’il faudrait réviser la loi sur la protection des malades, et ajouter des centres de crise pour prendre en charge les patients et effectuer le suivi. 

Surtout qu’avec la pandémie, le nombre d’interventions auprès de personnes en crise a bondi en raison, notamment, de problèmes de consommation accrus.

«Les policiers ont énormément d’appels en santé mentale. C’est une grande proportion de leurs appels qui révèlent des gens en crise ou désorganisés», note la Dre Gamache.  

Des cas récents   

  1. Vendredi, Cynthia Landry, 34 ans, aurait été tuée par Jerry Avril, 32 ans, dans un logement du quartier d’Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, alors qu’elle aurait vécu un épisode de psychose toxique, selon une proche. On ne sait pas cependant dans quel état d’esprit se trouvait l’homme accusé.     
  2. Mercredi, Jacques Côté aurait été tué à Québec alors qu’il s’interposait entre un homme en crise et une femme. Dans cette affaire, ce sont plutôt les parents de l’accusé, Kim Lebel, qui avaient demandé de l’aide à la police de Québec quelques jours avant.    
  3. Le 19 octobre dernier, François Pelletier aurait poignardé son ex-copine Romane Bonnier en pleine rue. Les proches du meurtrier allégué avaient tenté de lui obtenir des soins en santé mentale, en vain.       

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE         

Ligne québécoise de prévention du suicide  

  • www.aqps.info  
  • 1 866 APPELLE (277-3553)                      

Jeunesse, J’écoute  

Tel-jeunes  

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