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Un enfant agressé par une enseignante de confiance

L’enseignante avait dit être tombée en amour avec l’enfant, qui a subi des attouchements entre 8 et 10 ans

GEN - JOSIANNE LÉVESQUE ACCUSÉE
Photo Martin Alarie L’ex-prof déchue Josianne Lévesque se cachait des caméras, hier, au palais de justice de Laval, lors des observations sur la peine.

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Insomnie, cauchemars, difficultés d’apprentissage, comportements obsessifs: voilà les conséquences avec lesquelles doit vivre un jeune abusé à l’âge de huit ans par l’enseignante «en qui il avait confiance», qui pourrait maintenant écoper d’une peine de pénitencier.

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«C’est comme un barbouillage que j’essaie d’effacer, mais il reste toujours des traces», a écrit le petit garçon au juge Serge Cimon dans le cadre des observations sur la peine de Josianne Lévesque. 

C’est la mère de la jeune victime qui a lu la lettre rédigée par son fils en retenant ses sanglots, hier, au palais de justice de Laval.

Certaines informations ne peuvent être révélées en raison d’un interdit de publication pour protéger l’identité de la victime. 

Ce témoignage fait suite au plaidoyer de culpabilité de la Lavalloise de 43 ans en juin dernier pour des contacts sexuels et incitation à des contacts sexuels. 

«À 10 ans, j’ai dit à ma mère que Mme L. m’abusait sexuellement parce que je voulais que ça arrête. Pendant deux ans, j’ai gardé le secret, car elle me disait qu’elle pourrait aller en prison. Elle savait qu’elle faisait quelque chose de mauvais, mais le faisait quand même, et en cachette», a expliqué l’enfant. 

Josianne Lévesque
Photo tirée de Facebook
Josianne Lévesque

En position d’autorité

L’année avant que les gestes sexuels ne débutent, Josianne Lévesque était la professeure de sa victime. À ce moment, elle enseignait en deuxième année du primaire dans un collège privé de Montréal, mais les agressions se sont déroulées dans un contexte d’aide au devoir, pendant 17 mois. 

La prof déchue s’est mise à faire des activités-récompenses avec lui, comme aller au cinéma, avec la permission des parents à qui elle avait présenté cela comme du «renforcement positif».

L’enseignante en profitait plutôt pour poser des gestes sexuels à son endroit.

Les observations sur la peine doivent se poursuivre en mai, mais on sait déjà que la procureure de la Couronne, Me Claudia Ossio, demandera une peine d’incarcération en pénitencier, donc de deux ans ou plus, en misant sur la notion d’autorité qu’occupait la professeure.

  • Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio:

Tombée en amour

«Il me nomme sa préoccupation qu’une autre personne en situation d’autorité répète la même chose», a d’ailleurs fait savoir la mère du garçon. 

Celle-ci se sent également trahie puisqu’elle avait confiance en l’enseignante, qui était devenue une amie proche.

Après les révélations par son garçon, la mère avait interrogé la pédophile, qui avait avoué certains gestes sexuels en disant «être tombée en amour».

«Recevoir ses aveux a été un choc immense», a souligné la mère de famille.

Entre autres séquelles, son petit garçon souffre désormais d’insomnie, crie dans son sommeil et a de la difficulté à se concentrer à l’école, a-t-elle relaté. 

Il se gratte parfois le nez sans arrêt ou se mouche jusqu’au saignement «pour enlever l’odeur de l’accusée», puis se lave compulsivement les mains et le corps.

«Il me dit qu’il fait cela parce qu’il se sent sale. [...] Il a eu de plus en plus de flash-back dernièrement», a ajouté sa mère, qui craint que les agressions n’entachent les relations intimes futures de son enfant. 

En thérapie

Ce dernier est suivi en psychothérapie depuis plus d’un an et demi. 

«Au lieu de m’aider avec mes difficultés [à l’école], elle m’en a causé plus et j’ai du mal à me rattraper, a confié le garçon dans sa lettre. Quand je suis avec mes amis, je me sens différent parce que j’ai des images dans ma tête. Eux ils sont capables de jouer comme des enfants, moi je n’ai pas cette chance.»

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