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Du Tiger Woods post-COVID

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Photo AFP Tiger Woods, qui a salué la foule au 18e trou, dimanche, peinait à marcher.

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Hier matin, j’ai eu chaud au cœur en lisant un des textes de François-David Rouleau. J’ai accroché dès les premières lignes et je n’ai pas lâché avant la fin.

Chaud au cœur parce que sans le vouloir, Rouleau a fait une brillante démonstration de ce que devait être le journalisme post-COVID. 

Pas de foutus Zoom déconnectés de l’humain, sans passion et sans vérité intrinsèque, pas une série de citations prémâchées par des relationnistes dont le plus grand talent est d’entuber les journalistes assez paresseux et complaisants pour se fier à eux pour remplir des pages ou du temps d’antenne.

Non, du journalisme traditionnel. Un reporter présent, à quelques pieds de Tiger Woods avec son calepin de notes, et qui observe...

« Tiger Woods a fait une accolade à sa mère, Kultida, une autre à sa fille, Sam, et serré dans ses bras son fils, Charlie, sous le Big Oak Tree, après sa dernière ronde du Tournoi des Maîtres, hier. Puis, il s’est dirigé vers la porte du pavillon de l’Augusta National en peinant à marcher », a raconté François-David.

Sortir de la pandémie

Cette phrase, c’est le reporter observant le sujet de l’article. Mais l’homme, sa sensibilité et sa propre vulnérabilité, était tout aussi touché que le reporter tentait de rester distant...

« Mais hier, en sortant de la cabine de pointage, Tiger n’a pu monter les quatre marches de l’escalier sans s’appuyer sur la rampe. Et après son point de presse, la scène à laquelle ont assisté quelques scribes et curieux patrons à proximité déchirait le cœur », a poursuivi le journaliste.

« Une scène qui déchire le cœur », c’est la sensibilité qui s’épanche sur le papier. C’est un soupçon de pitié pour celui qui souffre à grimper les quatre marches.

C’est ça du journalisme sur la route. Dans l’action. Près des gens. Témoignages et émotions entremêlés.

Au Journal, Dany Doucet, le rédacteur en chef, a noté le travail. Il se peut même qu’il donne un buzz à son journaliste. Pour souligner qu’en racontant la gloire et les petites misères de Tiger Woods, il avait bien fait son boulot. 

Il pourrait ajouter que c’est pour cette intimité partagée que les grands médias de la planète envoient des reporters aux quatre coins de la planète. Que ce soit pour une guerre ou un grand tournoi de golf. Parce que pas une télé, pas un site internet n’aurait pu faire partager à la fois les petits détails et ce qu’ils suscitaient comme émotions chez le journaliste. C’est la magie de la job bien faite qui le permet.

Le rayonnement du Masters

On le sait, la pandémie a le dos large. Le Canadien s’en est servi pour achever de clouer le cercueil de l’information autour de l’organisation. Mais il semble que des gens intelligents ont commencé à le réaliser au septième étage. C’est pour cela qu’on a embauché Chantal Machabée, une femme brillante issue du journalisme.

À Augusta, François-David Rouleau était tout près de Tiger Woods qui se tenait avec sa famille sous le gros chêne. Il l’a vu grimacer dans les marches. Pourtant, on va s’entendre que Tiger Woods n’a pas besoin de 300 000 copies en français au Québec. Et que l’auguste National, riche comme Crésus, n’en aurait rien à cirer de François-David Rouleau. Pourtant, on l’a remercié dimanche « pour avoir contribué par sa présence et son travail à faire rayonner le Tournoi des Maîtres et le National ». Comme ses confrères qui ont fait rayonner le tournoi et sa magie à Paris, à New York, à Rome, à Québec, à Londres, à Tokyo ou à Johannesburg.  

Un exemple pour le CH

Comment donc le Canadien a-t-il pu cracher sur la dévotion professionnelle et le travail de tant de journalistes ? En faisant tout ce qui était possible pour les faire suer et nuire à leur travail ?

Me semble que le grand Canadien était une institution du calibre du National à Augusta ? Me semble que son rayonnement était extraordinaire sur toute la planète hockey ?

Comment ça se fait qu’ils comprennent à Augusta et qu’ils sont bornés à Montréal ? -

Vous voulez saisir la différence. Un dernier extrait de ce texte de Rouleau :

« Après son point de presse, le Tigre a éprouvé de la difficulté à descendre du petit podium d’environ 10 pouces. Un relationniste au veston vert a bien voulu lui offrir son aide. Il l’a refusée. 

L’endurance à l’état pur. Jusqu’à la toute fin ».

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