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L'Indonésie vote une loi très attendue contre les violences sexuelles

L'Indonésie vote une loi très attendue contre les violences sexuelles
AFP

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Le parlement indonésien a voté mardi une loi très attendue contre les violences sexuelles ouvrant la voie à un meilleur accès à la justice pour les victimes, après un bond des agressions contre les femmes pendant la pandémie de coronavirus.  

Les militantes indonésiennes des droits des femmes condamnaient depuis des années le manque de mesures contre les violences de genre et les violences sexuelles dans un pays où les agressions sont souvent vues comme relevant de la sphère privée et les victimes dissuadées de réclamer justice.

Des cris de joie et des applaudissements ont accueilli l'annonce par la présidente du parlement Puan Maharani qu'une majorité de députés avaient approuvé le texte en session plénière.

«Cette loi est une manifestation véritable des efforts du pays pour prévenir toute forme de violence sexuelle et pour prendre soin, protéger et rétablir les victimes ainsi que pour leur rendre justice», a souligné Bintang Puspayoga, ministre de l'émancipation des femmes et de la protection de la l'enfance devant le Parlement.

La loi qui vise à combattre les crimes sexuels et fournir un cadre légal aux victimes, y compris celles de viols dans le mariage, est en projet depuis une décennie mais a rencontré de nombreux obstacles.

Des mouvements islamiques craignaient que le texte ne permettre une libéralisation des rapports sexuels tandis que les parlementaires conservateurs réclamaient que la loi rende le sexe hors mariage et les relations sexuelles entre personnes du même sexe punissables par la loi dans le pays qui compte la plus importante population musulmane au monde.

La loi vise à prévenir les violences sexuelles et à aider les victimes, en leur octroyant des compensations et un accompagnement.

Les agressions sexuelles dans le mariage et hors mariage sont désormais punissables d'un maximum de 12 ans de prison, et les mariages forcés, dont ceux de mineurs, d'un maximum de neuf ans de prison.

La diffusion de contenus sexuels sans l'accord des victimes peut valoir jusqu'à quatre ans de prison.

Le président indonésien Joko Widodo avait appelé en janvier le parlement à accélérer l'examen de cette loi après le procès l'an dernier d'un professeur d'une école islamique qui avait violé 13 de ses élèves mineures, une affaire qui avait marqué l'opinion publique.

Mais les activistes déplorent que la loi ne comprenne pas de sanctions contre le viol et les avortements forcés, couverts par d'autres textes.

L'archipel d'Asie du Sud-Est a enregistré un bond des signalements de violences contre les femmes depuis le début de la pandémie. La Commission sur la violence contre les femmes a rapporté 338 496 cas en 2021, soit une hausse de 50 % par rapport à l'année précédente.

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