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Quatre mois sans revenus après une fraude

Le père de famille prestataire de l’assurance-emploi avait d’abord été victime d’un vol d’identité

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Philippe Gingras commençait à trouver que le coussin financier familial s’amenuisait après quatre mois. « C’est un choix qu’on a fait, que ma conjointe reste à la maison, mais là, ça voulait dire qu’il n’y a rien qui rentre. »

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Un père de famille travailleur saisonnier de la construction s’est retrouvé sans revenu pendant presque quatre mois après avoir été victime d’un vol d’identité et d’une fraude à l’assurance-emploi. Il déplore la lenteur de Services Canada à régler son dossier.

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Philippe Gingras réclame des prestations d’assurance-emploi depuis environ 10 ans. Rien n’a changé à son dossier, il réactive chaque année la même demande en novembre et les versements sont toujours faits dans le même compte. Sauf qu’en décembre dernier, son paiement n’a jamais été versé.

S’enclenche alors le tourbillon quais sans fin des dédales de Services Canada.

«Ils m’ont dit que j’avais été fraudé, que quelqu’un avait changé mes informations et qu’il avait changé le numéro du compte», explique le travailleur de la construction.

Le préposé lui propose alors de recevoir ses prestations par chèque, ce qu’il accepte pour simplifier le processus.

«Ils ont bel et bien envoyé le chèque, mais ils n’ont jamais validé avec moi si l’adresse au dossier avait elle aussi été changée. Ils ont envoyé un deuxième de mes versements au fraudeur», raconte M. Gingras, dépassé par les événements.

Aucun revenu

Après ces fautes dont il n’était nullement responsable, impossible pour lui de recevoir le moindre sou. On lui indiquait que «tout devait être réglé avant la reprise des paiements». Et pendant ce temps, ce sont les économies familiales qui s’amenuisaient.

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«Je fais de bons salaires durant l’été et on se prévoit toujours un peu de lousse pour des retards de versements ou autre, mais après quatre mois, ça commence à être long», explique celui qui est le seul salarié de la famille. «C’est un choix qu’on a fait que ma conjointe reste à la maison, mais là, ça veut dire qu’il n’y a rien qui rentre.»

Après presque quatre mois de discussion avec les préposés de Services Canada, il aura fallu que son député, le conservateur Joël Godin, se mêle du dossier et que le Journal contacte Emploi et Développement social Canada pour qu’on règle finalement son problème. 

«Comme par magie, quelqu’un m’a appelé pour me dire que j’aurais mon argent ce jeudi», raconte Philippe Gingras.

Problème majeur

Philippe Gingras est malheureusement loin d’être le seul à vivre ce calvaire. Selon le Mouvement autonome et solidaire des Sans-Emploi (MASSE), près de 10 000 dossiers étaient bloqués à Services Canada au début mars en raison du stratagème de fraude. 

Et à part mettre de la pression, il n’y a malheureusement pas grand-chose à faire soutient l’organisme. 

«La seule chose est de faire des suivis. Le seul levier, c’est d’être fatigants», explique la présidente Kim Bouchard. «Et c’est aussi important de contacter vos députés fédéraux, ils doivent savoir ce qui se passe».

Le député Joël Godin acquiesce. Si les citoyens ne contactent pas leurs élus, qui peuvent les accompagner dans ce genre de choses, les délais peuvent être longs.

«Moi, si les gens ne m’appellent pas, je ne le saurai pas», insiste le député de Portneuf-Jacques-Cartier. «On a aidé plusieurs personnes, j’ai entendu des gens pleurer au téléphone quand on leur annonçait que c’était réglé. C’est un problème majeur.» 

«Du monde bien découragé, il y en a», ajoute Kim Bouchard faisant remarquer que plusieurs de ces personnes se retrouvent en plus dans une situation financière précaire stressante.

«Et le pire, c’est que jamais ils ne vont avoir de compensation pour tous ces désagréments. Le seul privilège qu’ils auront, c’est de recevoir leur argent en retard. C’est aberrant», déplore-t-elle.

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