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Gros contrat à une firme qui a donné des pots-de-vin à Terrebonne

La Ville fait affaire avec l’entreprise qui avait graissé la patte de l’administration de l’ex-maire Robitaille

Parc Arc-en-Ciel
Photo Chantal Poirier Le contrat vise l’installation d’équipements dans une vingtaine de parcs de Terrebonne, dont le parc Arc-en-ciel, où il y aura installation de supports à vélos.

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La Ville de Terrebonne vient d’accorder un contrat de plus de 700 000 $ à l’entreprise d’un homme d’affaires qui a déjà reconnu sous serment avoir versé des pots-de-vin à l’administration de l’ancien maire Jean-Marc Robitaille. 

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Le Conseil municipal a octroyé lundi soir un contrat de 721 000 $ à l’entreprise Tessier Récréo-Parc, propriété de Richard Tessier.

Le contrat vise l’installation d’équipements, dont des tables de pique-nique, des bancs et des poubelles, dans une vingtaine de parcs de Terrebonne. 

Richard Tessier était un des témoins clés annoncés au procès pour corruption et abus de confiance de l’ex-maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, de son ex-chef de cabinet, Daniel Bélec, de l’ex-directeur général de la Ville, Luc Papillon, et de l’entrepreneur Normand Trudel. 

Il n’a finalement jamais témoigné, car la juge Nancy McKenna a ordonné un arrêt des procédures en octobre 2021. 

Elle estimait que de l’information pouvant nuire à la crédibilité de Tessier avait été cachée par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et le ministère public.

  • Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Plus de 174 000 $

Dans une déclaration assermentée faite aux policiers de l’UPAC, Richard Tessier affirmait notamment avoir remis plus de 174 000 $ en argent comptant à Daniel Bélec entre 2000 et 2011 en lien avec des contrats. 

Des subterfuges auraient été employés pour majorer des prix et récupérer la valeur de sommes remises à Bélec, selon lui.

«Lorsque les sommes à remettre sont devenues trop importantes, il [Richard Tessier] a fait appel à des entrepreneurs pour faire de la fausse facturation», lit-on dans un document. 

Deux ex-employés de l’entreprise sont également venus affirmer sous serment au procès que Tessier avait gonflé ses prix à Terrebonne.

On peut voir sur cette photo l’ex-maire Jean-Marc Robitaille sur le yacht de l’entrepreneur Tony Accurso.
Photo d'archives
On peut voir sur cette photo l’ex-maire Jean-Marc Robitaille sur le yacht de l’entrepreneur Tony Accurso.

Jackpot

«On y allait “full profits”. [...] C’était le jackpot, honnêtement, a dit une des employées, Michelle Dupuis. [...] La Ville de Terrebonne, c’est particulier.»

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Comme il était assuré de remporter la mise, Tessier n’hésitait pas à doper les prix et à y inclure des dépenses n’ayant rien à voir avec les travaux proposés. 

«Je me souviens de l’ouverture du nouveau théâtre à Terrebonne. Richard avait acheté une table pis c’était dispendieux, pis ça aussi on l’a mis dans le [coût d’un] module de jeux», a illustré Mme Dupuis.

Les marges de profit étaient juteuses, entre 28 et 32 %, selon la témoin.

Appelée à réagir, la Ville de Terrebonne s’est défendue d’avoir quoi que ce soit à se reprocher.

«La Ville doit respecter les modalités prévues aux documents d’appel d’offres public. La Ville adjuge le contrat au plus bas soumissionnaire conforme. Aucun rapport ou attestation produits en vertu de la Loi ne nous permet d’exclure ce fournisseur lors d’appels d’offres publics ou de déclarer sa soumission non conforme», nous a indiqué Nadine Lussier, directrice des communications à Terrebonne.

À la retraite

Richard Tessier n’a pas rappelé notre Bureau d’enquête. 

Une personne chez Tessier Récréo-Parc nous a dit qu’il était à la retraite, mais son nom apparaît toujours au Registre des entreprises du Québec comme administrateur et actionnaire de la firme.


Un autre contrat de gré à gré

En mars, Terrebonne avait octroyé à Tessier Récréo-Parc un autre contrat d’une valeur de 67 000 $, sans appel d’offres, pour la fourniture et l’installation de rampes de protection pour sécuriser des skate parks.


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