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Le PLQ a perdu sa raison d'être

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Dominique Anglade

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Savez-vous quelle est la meilleure clé pour comprendre ce qui se passe avec le PLQ ?

Batman. 

Tout est là.

SUPER HÉROS CHERCHE SUPER VILAIN

Imaginez si demain, Batman n’avait plus aucun ennemi. 

Si le Joker, le Pingouin et le Sphinx disparaissaient, ou s’ils ne représentaient plus aucun danger pour la population de Gotham.

Batman perdrait sa raison d’être.

C’est la grande leçon de Marvel et de DC Comics : les super héros ont besoin de super vilains pour exister. Leurs destins sont interreliés. 

L’un tombe, l’autre suit. 

Batman n’avait qu’un seul but dans sa vie : protéger la population de Gotham des méchants.

Enlève les méchants, Batman n’est plus Batman.

Il est Bruce Wayne. Et c’est qui, Bruce Wayne ? C’est personne. Un citoyen lambda, comme tous les autres.  

Eh bien, idem pour le PLQ.

La mission fondamentale du parti de Robert Bourassa et de Jean Charest était de protéger les fédéralistes des méchants souverainistes. 

Tant que la menace souverainiste était vivante, le PLQ se portait bien. Il n’avait pas à se trouver une cause : elle était déjà toute trouvée, là, devant lui. 

Le Joker René Lévesque !

Le Pingouin Jacques Parizeau !

Le Sphinx Lucien Bouchard !

Vite, appelez le PLQ pour qu’il vienne nous défendre !

Le PLQ était la police d’assurance des anglos et des fédéralistes, le vaccin contre le méchant virus séparatiste, qu’on devait s’injecter religieusement tous les quatre ans.  

  • Écoutez l'édito de Richard Martineau diffusé chaque jour en direct 8 h 30 via QUB radio :

UNE POULE PAS DE TÊTE

Mais maintenant que la menace de la souveraineté ne fait plus trembler personne, maintenant que le rôle du PQ n’est plus de mettre le feu à la fédération canadienne, comme dans le temps, mais juste de s’assurer que les braises de la souveraineté ne s’éteignent pas tout à fait, maintenant que le PQ ressemble à un mausolée construit à flanc de montagne pour protéger le cœur du frère René, à quoi sert le PLQ, au juste ?

Personne ne le sait.

Voilà pourquoi le parti de Dominique Anglade s’agite comme une poule pas de tête. Il se cherche, a perdu sa raison d’être. 

On pourrait dire la même chose du PQ...

Le PQ était le Batman des souverainistes. Et Charest, leur Joker. 

Mais maintenant qu’on a plus de chances d’assister au retour de Charest sur la scène fédérale qu’à celui des libéraux au pouvoir à Québec, et maintenant que le parti à déloger n’est pas rouge, mais bleu (bleu pâle, peut-être, mais bleu quand même), à quoi sert le PQ, au juste ?

À incarner la mauvaise conscience de la CAQ, un parti qui se dit nationaliste, mais qui ne l’est pas tant que ça ?

  • Écoutez aussi la rencontre Martineau - Dutrizac diffusée chaque jour en direct 11 h via QUB radio :

LES VIEUX HÉROS

La vérité est que l’arrivée de la CAQ a tout changé, tout bousculé.

Tout comme l’arrivée de Duhaime risque, elle aussi, de rebrasser les cartes. 

Le PQ et le PLQ passent maintenant, aux yeux des jeunes (à tort ou à raison, là n’est pas la question), pour de « vieux » partis qui proposent de « vieilles » réponses à de « vieilles » questions. 

Ils regardent Batman et le Joker, et se disent : « C’est quoi, ces personnages ringards ? »

Exactement comme nous, lorsqu’on regardait la télé et qu’on voyait qu’on passait encore des vieux épisodes de Tarzan et de Zorro...

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