/opinion/columnists
Navigation

3e lien : encore (beaucoup) d'improvisation

Coup d'oeil sur cet article

Soucieux d’acheter du temps d’ici l’élection, le gouvernement caquiste a de nouveau fait preuve d’improvisation, hier, en présentant une version révisée, mais encore plus floue de son troisième lien, toujours sans aucune étude ni données scientifiques.

Sous pression par rapport à ce projet qu’il tente sans succès de justifier, depuis trois ans, le gouvernement y est allé d’un nouvel effort pour tenter de mieux vendre un troisième lien. 

Curieusement, pour un gouvernement qui jure croire en son projet réduit, la CAQ a procédé le jeudi avant un long congé. Dans les faits, cela évite les questions de la part de l’opposition en chambre, et les critiques pendant des jours.

D’ailleurs, lors de cet événement médiatique où, anecdote savoureuse, même l’image projetée de Québec était sens dessus dessous, le premier ministre François Legault brillait par son absence.

Quant au ministre des Transports, François Bonnardel, il paraissait mal assuré et nerveux par moments. Remarquez, je le comprends : à force de défendre l’indéfendable, quiconque finirait par devenir nerveux. 

Nombreux inconnus 

Constat tout aussi inacceptable qu’inconcevable, dans cette version révisée du tunnel, il faut se fier au gouvernement par rapport à l’évaluation des coûts à 6,5 milliards $. Il s’agit pourtant d’une somme substantielle pour un projet qui demeure colossal.

Aucune étude permettant de vérifier la fiabilité du montant avancé, de même que les facteurs sur lesquels se base le gouvernement pour l’évaluer, n’a en effet été présentée. 

Appelé à indiquer comment le gouvernement peut en arriver à un coût moindre dans les circonstances, le ministre Bonnardel répond que le projet englobe moins de risques, car les tunneliers qui serviront à la construction existent déjà. Comme si c’était le seul facteur susceptible d’influencer les coûts...

Quant à la part réservée pour les imprévus, M. Bonnardel dit garder ça pour lui. 

Parmi les facteurs qui pourraient faire exploser la facture se trouve l’état des sols sous le fleuve. L’ampleur du défi technique sera déterminante. Mais n’allez pas chercher à connaître les résultats des forages effectués l’été dernier. Ils ne sont pas disponibles pour le moment, répond le ministre.

Puis, aucune étude d’opportunité, qui permet de déterminer les besoins, n’a encore une fois été dévoilée. Là encore, il faut croire le gouvernement sur parole. 

Données farfelues

Dans sa tentative de justifier le tunnel, le gouvernement en vient à utiliser des données farfelues, comme celle du « pont par million ». Ainsi, on trouve à Québec 2,44 ponts par million d’habitants comparé à 8,70 à Montréal. 

Comme si c’était un critère dont il fallait tenir compte pour décider d’aller de l’avant ou non avec la construction d’une infrastructure. Et faut-il le rappeler, Montréal est une île. Pas Québec. 

François Bonnardel a réitéré que le transport collectif est pour lui « immensément important ». Pourtant, cette nouvelle mouture du projet réduit la place du transport en commun. 

Quoi qu’il en soit, si jamais le ministre cherche vraiment à améliorer le transport en commun déficient entre les deux rives, comme il l’affirme, il devrait plutôt penser à une solution beaucoup moins coûteuse et plus simple. Ce serait de les relier avec le tramway. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.