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Voici 5 raisons qui poussent les restaurateurs à fermer leurs portes

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Au cours des derniers mois, les restaurateurs québécois ont dû jongler avec le yo-yo des ouvertures et des fermetures. Chaque fois qu’ils pouvaient rouvrir leur établissement, ils devaient racheter leurs produits alimentaires, rappeler d’urgence leur main-d’œuvre et faire des pieds et des mains pour faire revenir leur clientèle essoufflée par les mesures sanitaires. Certains restaurateurs n’ont malheureusement jamais terminé ce marathon et sont tombés au combat, en laissant derrière eux le rêve d’une vie.

LOCATION
1. Baux de location

Le poids du loyer à payer a fait mal au portefeuille des restaurateurs incapables de joindre les deux bouts entre les fermetures répétées. « L’enjeu est que les établissements ayant ouvert après le 15 mars 2020 se retrouvaient à être exclus de la subvention au loyer du gouvernement fédéral », a déploré Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec (ARQ). Résultat, certains exploitants déjà endettés jusqu’au cou n’ont tout simplement plus été capables de payer leur loyer.

Au Québec, des restaurateurs ont aussi eu de la difficulté à pouvoir avoir l’argent du programme d’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en raison de la paperasserie, déplore l’ARQ.

Sans parler du variant Omicron de Noël dernier, qui avait forcé certains restaurateurs à couper à la moitié leur capacité d’accueil, et saigné leurs ventes, souvent déjà très rares.

LIVRAISON
2. Moins de clients... Plus de livraisons

Les restaurants qui n’avaient plus le droit d’accueillir leurs clients en salle à manger ont dû se tourner vers les commandes à emporter, mais tous n’étaient pas égaux face à cette nouvelle réalité. Ceux qui avaient déjà un service en ligne bien huilé ont pu mettre les bouchées doubles. D’autres ont dû s’y plonger en quatrième vitesse pour récupérer le plus de clients possible.

Malheureusement, certains plats, comme les déjeuners, sont moins faciles à emporter ou carrément trop coûteux à préparer pour la livraison. « Les œufs sont extrêmement fragiles. Ce n’est pas toujours vrai que les gens voulaient des déjeuners complets livrés à la maison », observe Martin Vézina, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales à l’Association Restauration Québec.

Pour limiter les frais des entreprises de livraison comme Uber Eats et DoorDash, Québec a adopté l’an dernier un projet de loi pour limiter à 20 % les frais imposés aux restaurateurs.

CONTENANTS
3. Coût des contenants

Les restaurateurs forcés de se rabattre sur les commandes à emporter ont dû se procurer au plus vite des contenants de plastique et de papier, ce qui leur a une fois de plus coûté une petite fortune en pleine crise. Par exemple, le prix des fameuses boîtes à lunch, que l’on retrouvait partout à un certain moment, a explosé en raison de la demande exponentielle. « Je payais le contenant 87 cents l’unité avant la COVID-19. La même boîte en novembre 2021 était à 1,55 $ », partage Michelle Alarie, la copropriétaire du traiteur À la petite campagne, qui a été forcée de fermer.

En février dernier, Le Journal soulignait également qu’une hausse de 25 % sur un an du prix des emballages pour la livraison et les commandes à emporter avait poussé certains restaurateurs à refiler une partie de la facture aux clients.

DENREES
4. Prix des denrées

Le prix du panier d’épicerie, qui a atteint des niveaux records en raison de l’inflation, a fait mal aux restaurateurs coincés dans cette spirale en cuisine. Pour plusieurs, ces hausses ont été difficiles à digérer, voire impossibles à absorber.

Les huiles de cuisson (42 %), le bœuf excluant la viande hachée (20 %), le bacon (17 %), les oranges et limes (15 %), les conserves (15 %), les pâtes et céréales (14 %), les frites surgelées (13 %), le lait (12 %), le fromage (11 %) et les champignons (11 %) ont vu leur prix augmenter, note Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie. « Pour ce qui est du poulet, on parle de 9 %, et du porc, 4 %. Les fruits de mer sont aussi en hausse », explique le professeur.

Sans surprise, la hausse du prix des aliments s’est reflétée dans les assiettes, qui peuvent aujourd’hui coûter de 5 % à 15 % plus cher, selon les restaurants.

MAIN-DOEUVRE
5. Pénurie de main d'oeuvre

Au Québec, plus de 46 000 postes sont vacants en restauration sur les 295 000 actuels, un chiffre qui risque d’exploser à l’approche de l’été, selon Restaurants Canada. Au cours du dernier trimestre de 2021, le taux de postes vacants était de 12,7 % dans le secteur de la restauration et des débits de boisson, comparativement à 6 % pour l’ensemble des autres emplois. « C’est le double », observe Joëlle Noreau, économiste principale du Mouvement Desjardins.

En pleine crise, des programmes gouvernementaux de requalification du gouvernement québécois ont fait leur apparition pour aider les travailleurs à se retrouver un nouvel emploi, ce qui a eu pour effet de pousser certains employés à tourner le dos au monde de la restauration. « Il y a eu des formations de courte durée qui ont été offertes. Ça a dû attirer des gens », analyse Joëlle Noreau. Cela dit, l’économiste estime que les horaires atypiques du secteur peuvent encore attirer des travailleurs, qui ne se voient pas dans des postes habituels avec des horaires de 9 h à 5 h.

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