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Immigration: des limites qui nuisent au Québec

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Jean Boulet, ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration

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Quelques mois après avoir pris les rênes de l’Immigration, Jean Boulet fait des constats alarmants et veut agir pour renverser le déclin démographique francophone au Québec. Mais il a les mains liées par le fédéral. 

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En entrevue avec notre Bureau parlementaire, celui qui a succédé à Nadine Girault hésite, mais reconnaît qu’il doit entreprendre une démarche complémentaire à l’adoption de la nouvelle loi 101 de son collègue Jolin-Barrette pour la pérennité de la langue au Québec. 

Lors des consultations sur le projet de loi 96 l’automne dernier, des spécialistes ont applaudi le bouquet de mesures tout en se montrant pessimistes pour la suite des choses. 

Dans son mémoire, le démographe Marc Termote signale que la nouvelle loi augmentera la place du français dans la sphère publique, sans freiner son déclin comme langue parlée à la maison. 

Le Parti québécois insistait pour que 100 % des immigrants de catégorie économique, qui sont sélectionnés par le Québec, aient la connaissance du français. 

Ce n’était pas la position de la CAQ à son arrivée au pouvoir, mais le ministre Jean Boulet admet maintenant qu’il faut accueillir le plus d’immigrants francophones possible. 

Poids démographique 

Même si la totalité des immigrants économiques parlait français, ce ne serait pas encore suffisant, selon le professeur Termote. 

Il écrit que la grande majorité des autres immigrants permanents ne sont pas francophones et que «l’effet immédiat de l’immigration internationale est donc de faire baisser le poids démographique des francophones». 

M. Boulet a demandé à M. Termote et au professeur Pierre Fortin de lui remettre en mai un portrait plus complet ainsi que des pistes de solution. 

Le gouvernement Legault souhaite poser des gestes rapidement. Des orientations pourraient être dévoilées lors du congrès de la CAQ les 28 et 29 mai. 

Bataille avec le fédéral 

Chose certaine, le ministre en a assez des complexes programmes partagés avec le fédéral. 

Lorsqu’il fait le récit des pauvres combattants de la bureaucratie qui sont déjà ici, ont leur certificat du Québec, travaillent et parlent français, sans être capable d’obtenir la résidence permanente du fédéral, on pense automatiquement à «la maison qui rend fou» dans Astérix. 

Étudiants étrangers, travailleurs étrangers temporaires, le ministre expose les difficultés d’arrimage et assène que «tout le monde est mêlé et personne ne comprend». 

Il reconnaît même se diriger «dans un entonnoir» avec ses collègues fédéraux. 

François Legault a encore réclamé, avant la dernière élection fédérale, que le Québec obtienne le pouvoir de sélection des immigrants de la catégorie regroupement familial. 

Cela représente 24 % des nouveaux arrivants au Québec, pour lesquels aucune connaissance du français n’est exigée. 

Même s’il a plaidé qu’il en allait de la «survie de notre nation», Justin Trudeau n’a pas bronché. 

Le ministre Boulet qui souhaite une renégociation de l’accord Canada/Québec prépare-t-il ses gants de boxe? 

Pas vraiment. «Souvent le meilleur argument avec Ottawa, c’est de dégager des consensus», argue-t-il. 

Il donne en exemple les assouplissements qu’il a obtenus pour le Programme des travailleurs étrangers temporaires. 

Toutefois, quelques jours après les gains du ministre, le gouvernement fédéral avait aussi présenté des modifications qui n’étaient plus compatibles avec ce qu’il avait annoncé! 

Il faudrait un effort de mobilisation considérable au Québec pour faire plier Ottawa. 

«L’issue est fondamentale pour l’avenir linguistique et économique du Québec», tranche le ministre Boulet. Il a tout un défi de leadership devant lui.  

En vrac  

L’or blond sur la colline!

Quebec
Photo Simon Clark

Luc Provençal a poursuivi une tradition issue de la défunte ADQ. Mercredi, il a généreusement distribué à ses collègues des produits d’érable provenant d’un acériculteur de Beauce-Nord. De quoi alimenter dans les corridors du parlement le débat sur la provenance du meilleur sirop au Québec. 

Le chiffre de la semaine: 20  

Quebec
Photo Simon Clark

Tout comme Lise Thériault, François Legault compte 20 ans de vie parlementaire au compteur! Avec le départ de la députée d’Anjou au terme du mandat, il sera incontestablement le plus expérimenté du Salon bleu. 

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