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Pour protéger le français, Québec veut plus d’immigrants francophones

Inquiet pour l’avenir de la langue, le gouvernement Legault change de stratégie pour les nouveaux arrivants

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le ministre Jean Boulet estime que la maîtrise du français est un atout notamment pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre en régions, qui est particulièrement criante.

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La CAQ fait le constat que l’immigration est une des clés pour assurer la pérennité du français au Québec et orchestre un virage. Le gouvernement Legault veut accueillir plus de nouveaux arrivants francophones et renégocier l’Accord Canada-Québec.

• À lire aussi: Immigration : des limites qui nuisent au Québec

« Il faut que ça change en immigration, il faut vraiment qu’on donne un coup de barre, qu’on s’en aille dans une nouvelle direction », conclut le ministre Jean Boulet, après quatre mois aux commandes du ministère de l’Immigration.

Au Québec, environ 85 % de l’accroissement de la population provient de l’immigration. « Donc si on veut protéger le français, assurer sa pérennité, c’est fondamental qu’on ait une immigration francophone », insiste-t-il, sans toutefois donner de cible. 

C’est un important repositionnement pour la CAQ, qui préférait jusqu’ici franciser les immigrants une fois ceux-ci arrivés en sol québécois. Une stratégie qui ne semble pas avoir porté ses fruits.

« Avec l’immigration francophone, c’est plus efficace que seulement les services de francisation », reconnaît le ministre Boulet, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. 

Pénurie en régions

La maîtrise de la langue de Molière est un atout notamment pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre en régions, qui est particulièrement criante. 

« Ça requiert une immigration qui est francophone pour aller dans des villes un peu partout au Québec, comme Val-d’Or, Saint-Hyacinthe, Shawinigan et ça accroît beaucoup le taux de rétention », fait-il valoir.

Il assure que cette nouvelle orientation de son gouvernement n’a pas pour objectif de pallier des lacunes du projet de réforme de la Loi 101 de son collègue Simon Jolin-Barrette quant à la protection du français. « Ce que je vais faire, c’est en complémentarité avec ce que Simon fait avec la loi 96 ».

Mais en matière d’immigration, le Québec n’est pas seul. Le fédéral a non seulement son mot à dire, mais il appose même son sceau sur les dossiers des nouveaux arrivants. C’est pourquoi Jean Boulet veut renégocier l’Accord Canada-Québec datant de 1991 afin d’obtenir un plus grand contrôle sur la sélection des étrangers.

Délais « scandaleux », bureaucratie et inefficacité. Le ministre n’est pas tendre à l’égard de la gestion d’Ottawa. Il veut néanmoins continuer de « collaborer » avec son homologue fédéral Sean Fraser.

Étudiants internationaux

Un des dossiers qui l’irrite au plus haut point, c’est celui des étudiants internationaux. Le taux de refus de ceux qui proviennent de pays francophones frôle le 80 %, alors qu’il oscille entre 8 et 15 % chez ceux qui sont originaires de pays anglophones. 

Jean Boulet soupçonne le fédéral d’avoir des « préjugés négatifs » à l’égard des étudiants internationaux francophones.

« Les étudiants internationaux indiens qui viennent dans nos établissements anglophones, ça, les vannes sont ouvertes. Et quand ça vient d’un pays francophone, les vannes sont fermées. Ça mérite d’être dénoncé ! »

Jean Boulet juge le statu quo intenable. Il craint la poursuite du déclin du français et la moins grande efficacité de l’immigration comme solution à la pénurie de personnel si rien ne change. 

« La langue est menacée, affirme-t-il. Alors si on veut protéger la langue, permettre à nos régions de se développer, il faut que l’immigration soit majoritairement francophone ».


Nombre de personnes admises au Québec   

  • 2019 : 40 565  
  • 2020 : 25 223  
  • 2021 (prévisions) : entre 43 100 et 47 100  
  • 2022 (prévisions) : entre 49 500 et 52 500*        

*Une cible à laquelle s’ajoute un rééquilibrage de 18 000 personnes n’ayant pu obtenir leur résidence permanente dans les deux dernières années en raison de la pandémie.


Proportion des immigrants parlant français   

  • 2019 : 50 %  
  • 2020 : 60 %  
  • 2021 : 71 %  
  • 2022 : 62 %   

– Ces données incluent les immigrants économiques, les réfugiés et le regroupement familial.

Source : Plan d’mmigration du Québec 2022


 Au Québec, environ 85 % de la croissance de la population est liée à l’immigration 

Source : Recensement 2021

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