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«L’été de mes 16 ans a changé ma vie» - Charles Hamelin

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Photo Agence QMI, Joêl Lemay Charles Hamelin pose fièrement, en mars dernier, avec l’une de ses six médailles olympiques remportées en carrière.

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Le médaillé olympique Charles Hamelin a vu le jour à Lévis, mais dès l’âge de 4 ans et demi, il a déménagé à Sainte-Julie avec sa famille, car son père avait déniché un nouvel emploi chez Pratt & Whitney. La famille fait en effet partie de ses valeurs et même si celle de son père est à Saint-Tite et que celle de sa mère est à Péribonka, il demeure très important pour lui de garder cette attache familiale.

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L’été de ses 16 ans a littéralement changé sa vie. Auparavant, Hamelin participait aux compétitions sans aucune chance de remporter une médaille. Cet été-là, il a grandi et sa musculation est devenue celle d’un jeune adulte. Il a commencé à gagner des compétitions et a finalement cru en ses moyens pour faire partie de l’équipe du Québec, ce qui lui a ainsi permis de devenir l’un des plus grands olympiens de l’histoire du Canada.

Son idole est Roger Federer, qu’il a découvert en regardant le tennis à la télé avec sa mère. Sa souplesse et son élégance sur un terrain de tennis étaient une source de motivation pour Charles.


Malgré le fait que vous étiez trois enfants, vous étiez une grande famille.

Mes frères François et Mathieu ainsi que moi pouvions compter sur notre père, Yves Hamelin, pour diriger notre vie sportive, tandis que ma mère, Manon Goulet, la cousine du légendaire Michel Goulet, dirigeait une garderie pour enfants à la maison. Parfois, elle gardait dix enfants à la maison. Alors, assurément, à l’occasion, notre famille passait de trois à xix enfants dans la maison.


Cette période t’a aidé à devenir une meilleure personne.

Nous jouions avec les enfants comme s’ils étaient nos frères et sœurs. J’ai appris l’importance de partager et l’importance de respecter la culture des autres.


Tu aimais pratiquer différents sports.

Du vélo, du patinage de vitesse, j’excellais au baseball, et je faisais du scoutisme. Mon père était d’ailleurs notre entraîneur au baseball avant qu’il devienne le président de la Ligue de baseball de Sainte-Julie.


Ta mère était la cheffe cuisinière de tes équipes sportives.

Lorsque nous disputions des compétitions, elle préparait de la nourriture pour chacun des joueurs. L’été, elle arrivait au match de baseball avec une glacière remplie de « Mister Freeze ». Nous étions tous ses enfants.


Ton père c’était ton mentor dans ta jeunesse.

Sa présence près de moi m’a permis de rayonner. Jamais ni lui ni ma mère ne m’ont imposé d’aller aux pratiques ou aux matchs. Ils m’ont donné la liberté de faire mes choix et de vivre avec les résultats.


Ton frère t’a inspiré à faire du patinage de vitesse.

J’avais 9 ans, et cela faisait déjà un an que mon frère François en faisait. Les olympiques n’étaient pas dans mon rayonnement de carrière, c’était plutôt pour mon frère.


À l’école, on se moquait de toi et non pas à cause de tes patins.

Lorsque les dirigeants de l’équipe de Sainte-Julie ont acheté notre maillot (skin) il ne restait plus que la couleur mauve de la tête aux pieds avec deux bordures fleuries.


Péribonka, c’était votre havre de paix.

Nous y allions passer deux semaines en été dans notre tente-roulotte sur le terrain familial. Nos parents nous donnaient la permission d’inviter chacun un ami. Nous faisions du bateau, de la natation et des randonnées avec nos amis, nos cousins et nos cousines.


Concernant la patinoire Hamelin à Sainte-Julie...

Une petite précision, il y a trois patinoires à l’aréna de Sainte-Julie. Une des patinoires se nomme « Les Bâtisseurs », l’autre la patinoire Kris Letang et la troisième porte maintenant le nom de patinoire Hamelin en l’honneur de mon père, mon frère et moi-même.


Tu t’es fait arrêter par la police.

Mes amis et moi livrions les journaux en patin à roulettes quand, soudainement, un policier nous a invités à embarquer dans sa voiture. Apparemment, la personne qui nous a engagés avait des problèmes avec la police.


Tu n’as eu qu’un seul emploi dans ta vie.

J’ai travaillé avec ma mère chez Cabano Fontaine pendant deux étés. J’ai commencé par ramasser des clous pour finalement terminer comme homme à tout faire, dont monter des cabanons chez les clients.


Tu as fait ta première demande de permis de conduire à 22 ans.

Je n’avais pas senti le besoin de posséder une voiture auparavant. Mon frère et moi avions des gens qui nous transportaient à l’école secondaire De Mortagne. Par la suite, nous prenions l’autobus et le métro pour nous rendre de Boucherville à l’aréna Michel Normandin ou l’aréna Maurice Richard.


Étais-tu un fervent de cinéma et de lecture dans ta jeunesse ?

J’aimais notamment les films de Disney, les bandes dessinées, les super héros et les films de mes livres favoris, les Harry Potter et les livres d’Agatha Christie.


Ton choix de musique en a surpris plusieurs.

Lors des entraînements, les patineurs ont leur choix de musique. À une certaine époque, j’en ai surpris beaucoup en écoutant Gilles Vigneault, Renaud, Georges Brassens et Fernand Gignac.


Le lien entre ton père et toi s’est coupé.

Mon père était toujours dans ma vie, et, du jour au lendemain, il n’y était plus. Il avait accepté un emploi à l’Ovale olympique de Calgary et cela a pris quelques années avant qu’on retrouve le lien qui nous unissait.


Parle-nous de tes deux amours.

Ma conjointe, Geneviève Tardif, et notre fille Violette, sont les raisons pourquoi j’ai poursuivi ma carrière pour une dernière participation aux Jeux olympiques. Je me souviens encore comment leur présence et leur amour m’ont motivé. Une journée, je suis arrivé à la maison après des insuccès sur la piste et j’ai pleuré pendant deux jours. Elles n’ont jamais cessé d’être à mes côtés.


Il y a une belle journée qui s’annonce pour vous au mois de juin.

En effet, le 25 juin Geneviève et moi allons nous marier.

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