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L’urgence d’agir, ça ne presse pas!

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Steven Guilbeault.

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J’ai assisté à la première de la pièce Pétrole, au théâtre Jean-Duceppe, conscient de la détérioration de notre environnement et sensible aux luttes que mènent les groupes environnementaux.

Le texte du dramaturge François Archambault m’a toutefois fait réaliser encore plus la puissance de l’industrie pétrolière et l’apathie de la population devant une catastrophe prévisible.

Les gaz à effet de serre préoccupent les scientifiques depuis plusieurs décennies. La transition énergétique est à l’ordre du jour continuellement.

Les pétrolières et les politiciens continuent d’être des larrons en foire, malgré les données scientifiques, les rapports alarmants du GIEC, les sécheresses, les inondations et les feux de forêt qui se multiplient.

Bien qu’alertés, les gens modifient peu leurs habitudes de vie, mais comptent sur le voisin pour le faire. Ce peu d’empressement à agir se manifeste aussi dans d’autres sphères de notre vie collective et reflète une certaine quête de tranquillité béate.

Le théâtre et la vie

La pièce Pétrole est une fiction-réalité inspirée d’événements survenus aux États-Unis dans les dernières décennies.

Sans prétendre me transformer en chroniqueur culturel, j’ai apprécié la trame développée par l’auteur, le jeu époustouflant des comédiens et la mise en scène originale.

François Archambault fait voir à quel point les politiciens sont les pions des oligarques financiers en protégeant leur capacité de faire des profits à l’infini.

Il montre aussi comment il s’avère difficile de provoquer le changement, tant à l’intérieur des institutions qu’à l’extérieur.

Je pensais à Steven Guilbeault en voyant la performance remarquable du comédien Simon Lacroix, interprétant Jarvis Larsen, qui tente de faire évoluer le dossier au sein d’une entreprise pétrolière et qui voit son apport ignoré.

La perle de vérité, c’est l’assistante du président de la pétrolière qui annonce à Larsen que la transition vers l’énergie solaire n’est pas payante pour une compagnie et qu’on préfère s’en tenir au pétrole. Le soleil, c’est gratuit ; l’essence, c’est profitable !

C’est une sérieuse critique du mode de développement actuel.

S’éteindre volontairement

Bien qu’il y ait péril pour la planète, nos habitudes de vie se transforment très peu.

Le même aveuglement volontaire s’observe en matière de langue alors que la majorité des experts appréhendent la disparition du français comme langue commune au Québec si l’on maintient les politiques actuelles. Joseph Facal prédit avec raison qu’à ce train-là, nous deviendrons un gros Nouveau-Brunswick.

Nos institutions démocratiques se fragilisent et des évaluations internationales le confirment. On refuse cependant de les réformer pour qu’elles soient plus représentatives.

La résistance à une réforme est si forte, que l’éditorialiste en chef de La Presse préfère que l’opposition au gouvernement soit extraparlementaire et provienne des municipalités.

La solidarité sociale s’étiole avec ses conséquences sur les services publics. Au lieu de redresser la situation, nos politiciens préfèrent marchandiser la santé et l’éducation pour nourrir les profits des oligarques.

Simon Lacroix, dans son personnage de Jarvis Larsen, avait raison d’appeler à la révolution pour éviter de disparaître !

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