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Les parents de l’accusé varlopent la police

La psychose meurtrière de leur fils aurait pu être «évitée» et ils songent à intenter une poursuite

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Les parents de l’accusé du meurtre survenu à Lac-Saint-Charles il y a deux semaines affirment que ce drame n’aurait ​jamais dû arriver et écorchent vivement la police de Québec, contre laquelle ils envisagent d’intenter une poursuite. 

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« Ils ne nous ont pas pris au sérieux. Ce drame n’aurait jamais dû arriver, tout était en place pour l’éviter... », a lancé Lucie Drouin, en étouffant un sanglot, lors d’une première sortie publique émouvante, lundi.

Lucie Drouin et Daniel Lebel, parents de Kim Lebel, auteur présumé du meurtre survenu à Lac-Saint-Charles le 6 avril, ont fait une première sortie publique lundi, lors d’une conférence de presse à Québec, durant laquelle ils ont critiqué la police.
Photos Jérémy Bernier
Lucie Drouin et Daniel Lebel, parents de Kim Lebel, auteur présumé du meurtre survenu à Lac-Saint-Charles le 6 avril, ont fait une première sortie publique lundi, lors d’une conférence de presse à Québec, durant laquelle ils ont critiqué la police.

C’est en pleine psychose que son fils Kim Lebel aurait tué son voisin, Jacques Côté, à coup de barre de métal, le 6 avril dernier.

Pourtant, les proches de l’accusé ont tout fait pour qu’il soit pris en charge avant que le drame ne survienne, affirment-ils.

Photo courtoisie

Deux jours plus tôt, deux policiers de Québec (SPVQ) se sont rendus au domicile de l’accusé à la suite d’un appel des parents, inquiets des gestes que leur fils pourrait poser. Les agents seraient repartis 20 minutes plus tard.

« [On] a insisté à plusieurs reprises pour qu’ils aillent le chercher et qu’il rencontre un psychiatre. Ils auraient dû intervenir », estime Mme Drouin, qui peinait à retenir ses larmes au côté de son conjoint, Daniel Lebel.

Une attente insoutenable

Moins de 48 h plus tard, les parents de l’homme de 30 ans obtenaient une ordonnance d’un juge pour que leur fils suive un examen psychiatrique immédiatement. 

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L’ordonnance en main, le couple aurait attendu plus de trois heures à la centrale de police que des agents prennent en charge la situation, en vain.

« [On] m’a dit de ne pas m’inquiéter, de retourner chez nous, qu’ils [allaient] s’en occuper », affirme la mère de l’accusé dans cette affaire.

À leur retour, ils ont été directement témoins de la psychose meurtrière de leur fils, forcés de le contentionner eux-mêmes.

Les policiers sont finalement arrivés 25 minutes plus tard, après plusieurs appels au 911.

« Pour nous, il est trop tard. [Mais] si on peut aider quelqu’un qui est pris dans cette situation, peut-être que ça peut aider à ce qu’il n’y ait plus de victime, c’est ça qu’on veut », a confié Daniel Lebel, dénonçant un « système lent et broche à foin ». 

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Poursuite possible

Photo tirée de Facebook

Me Marc Bellemare, l’avocat des parents de Kim Lebel, a indiqué qu’une poursuite envers la Ville de Québec et son corps de police était envisagée.

Et ce, possiblement avant même les conclusions du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) dans cette affaire. 

« Normalement, le policier aurait dû, dès qu’il avait le jugement dans les mains, déléguer une patrouille et aller chercher le petit gars. C’est une erreur impardonnable », a tranché l’avocat. 

Les parents de Kim Lebel ont également profité de cette première sortie publique depuis la tragédie pour offrir leurs condoléances à la famille de la victime, « qui a connu une mort insensée ».  

Photo Jérémy Bernier

UNE COURSE CONTRE LA MONTRE  

4 avril 

  • Deux policiers visitent Kim Lebel pour l’évaluer à la suite d’un appel de ses parents, qui s’inquiètent des gestes qu’il pourrait poser. Ils repartent après 20 minutes.  

5 avril 

  • Appel des parents pour préparer une rencontre avec l’organisme La Boussole, regroupement des parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale.  

6 avril 

  • 9 h : rencontre avec l’organisme La Boussole pour expliquer la situation en détail. L’organisme convoque un juge au palais de justice de Québec pour 11 h, le jour même. 
  • 11 h : le juge Dominic Roux rend son verdict. Il émet une ordonnance pour que Kim Lebel se soumette immédiatement à un examen psychiatrique. 
  • 12 h : les parents de l’homme se présentent au poste de police du parc Victoria pour qu’une patrouille aille chercher leur fils immédiatement, à la suite de la diffusion de l’ordonnance. 
  • 15 h 30-15 h 35 : Lucie Drouin et Daniel Lebel rentrent chez eux bredouilles, sans avoir de plan de la part des policiers de Québec. À leur arrivée, ils découvrent leur fils en train de commettre l’irréparable. 
  • 16 h : les premiers agents du Service de police de la Ville de Québec arrivent sur place après plusieurs appels au 911. Il est déjà trop tard.  

Source : Témoignage de Daniel Lebel et Lucie Drouin, parents de Kim Lebel

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