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Jérémy Demay: «J’ai appris à mettre mon ego de côté»

L’humoriste tente de percer le difficile marché français

Jérémy Demay
Photo courtoisie, Jérémy Demay Jérémy Demay sur la petite scène du théâtre parisien Le République.

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Après 17 ans passés au Québec, Jérémy Demay avait envie d’explorer un nouveau terrain de jeu. Installé depuis quelques mois à Paris avec sa petite famille, l’humoriste tente de faire rire chaque semaine des dizaines de spectateurs qui n’ont aucune idée de qui il est. « Humainement, c’est quelque chose d’arriver et de jouer devant 32 personnes qui ne te connaissent pas », admet-il.

Originaire de Dijon, une petite ville en province, l’humoriste n’avait jamais essayé de conquérir son pays natal.

C’est en janvier que Jérémy a investi le petit théâtre Le République, d’environ 200 places, pour une résidence jusqu’à la fin avril. 

Son objectif : y jouer deux fois par semaine durant ces quatre mois et essayer d’en augmenter graduellement le nombre de spectateurs.

« Pour dire aux gens de venir me voir, je devais distribuer des flyers [dépliants] à la sortie des spectacles [de Maxime Gasteuil], raconte Jérémy en entrevue sur Zoom. Je n’avais jamais fait ça ! J’avais l’impression qu’à chaque flyer que je donnais, j’avais un petit bout de mon ego qui partait [rires] ! »

L’humoriste pose devant la tour Eiffel avec sa femme, Marie, et leur fille, Loa.
Photo courtoisie, Jérémy Demay
L’humoriste pose devant la tour Eiffel avec sa femme, Marie, et leur fille, Loa.

En bas de l’échelle 

Au Québec, pour ses deux spectacles solos, Jérémy Demay a vendu plus de 200 000 billets. Il est un humoriste connu qui n’a plus besoin de présentations. 

Ayant fêté récemment ses 39 ans, pourquoi voulait-il à ce point recommencer en bas de l’échelle en France ?

« Une des raisons primaires, c’était de vouloir reconnecter avec ma famille, répond-il. Parce que ça fait longtemps que je suis parti. J’ai quitté la France à 20 ans. Je suis allé vivre aux États-Unis et à Cuba. Je suis arrivé au Québec à 22 ans. » 

« J’ai donc passé quasiment la moitié de ma vie loin de ma famille. À un moment donné, je me suis rendu compte qu’ils ne sont pas éternels. J’avais aussi besoin que ma fille connaisse ma famille. Parce qu’elle n’a que deux ans et qu’elle n’est pas encore à l’école, on trouvait que c’était le bon moment pour faire ça. »

C’est donc en toute modestie que Jérémy Demay tente actuellement de gagner le public parisien. 

Et son pari fonctionne lentement, mais sûrement. Alors que quelque 30 spectateurs se déplaçaient pour le voir cet hiver, ils étaient 140 quelques jours avant notre entretien.

« J’ai appris à mettre mon ego et mon orgueil de côté, dit-il. [...] L’idée de réussir ici me plaît beaucoup, je ne mentirai pas. Mais ce n’est pas un rêve absolu. »

Le spectacle qu’il présente, Enfin vivant, est un mélange des deux one-man-shows qu’il a faits au Québec. « J’ai cherché la meilleure formule pendant presque deux mois. Il a fallu que je m’adapte à mon propre pays ! »

L’affiche du spectacle Enfin vivant.
Photo courtoisie, Jérémy Demay
L’affiche du spectacle Enfin vivant.

« Mon cœur est au Québec »

Le mois prochain, Jérémy Demay reviendra au Québec pour commencer le rodage de son troisième spectacle, qu’il prévoit lancer en 2023. « Ça va me faire du bien d’aller jouer à Repentigny, câlisse [rires] ! »

En juillet, il s’assoira avec son frère producteur et décidera de la suite des choses pour la France. « Tout est ouvert. On y va au fur et à mesure. On n’a pas de plan sur quatre ans, mais sur plusieurs mois. »

Ce séjour outremer a fait prendre conscience à Jérémy Demay à quel point il est attaché au Québec. « Mon cœur est au Québec, ma maison est au Québec. [...] Je me sens beaucoup plus chez moi au Québec qu’ici. C’est bizarre, mais en France, je suis à l’étranger. »

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