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Pétrole: un rendez-vous peu convaincant

Chez Duceppe, Pétrole s’englue dans les débats

Simon Lacroix
Photo courtoisie, Danny Taillon Simon Lacroix incarne un scientifique travaillant pour une pétrolière, qui découvre à la fin des années 1970 que le réchauffement climatique est réel.

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Montrant que les dangers du réchauffement climatique causés par les énergies fossiles étaient déjà connus il y a une quarantaine d’années aux États-Unis, la pièce Pétrole est cependant elle-même victime de ce qu’elle dénonce, soit l’inertie.

Présentée chez Duceppe, cette création s’appuie sur un vrai rendez-vous manqué avec l’Histoire. L’auteur, François Archambault, s’est ainsi basé sur des faits réels relatés voulant que des scientifiques financés par des pétrolières aient mis le doigt sur le problème à la fin des années 1970. 

Dans le récit qu’il a imaginé, un chercheur idéaliste et un brin attiré par le confort d’un bon salaire décide de travailler pour la Newman Petro Power. Joué par Simon Lacroix, cet homme qui se passionne pour les insectes espère ainsi persuader les dirigeants de la pétrolière qu’il y a péril en la demeure et qu’une transition énergétique est inévitable. Il est convaincu de pouvoir changer les choses de l’intérieur alors que les environnementalistes en face de lui estiment qu’il œuvre pour l’ennemi.

Les pour et les contre

Dans ce duel, les deux camps s’affron-tent à coups d’arguments qui ont été mille fois entendus depuis. D’un côté, les écologistes énumèrent la série de catastrophes à survenir. De l’autre, les entreprises et l’État prônent le statu quo en raison des chamboulements requis pour une transition énergétique. 

Il est évidemment ironique de constater que nous en sommes encore aujourd’hui à discourir sur ce qu’il faudrait faire alors que la maison brûle. Au moins, les sceptiques de l’époque pouvaient dire que sans fumée, il n’y avait pas de feu. 

Malheureusement, cette pièce s’englue dans ces débats. Le programme du spectacle promet de « nombreux rebondissements », mais la trame est somme toute statique et plutôt prévisible.

Symbolisme efficace

Cette production présente avec intelligence certains éléments dignes d’intérêt. Par exemple, elle dresse un parallèle entre l’inaction climatique et la collaboration réussie pour lutter contre la réduction de la couche d’ozone qui s’est conclue avec le Protocole de Montréal en 1985. La morale : lorsqu’on veut, on peut. 

La scénographie est imaginative et dotée d’une symbolique forte. Dans cette mise en scène d’Édith Patenaude, les interprètes évoluent les pieds dans l’eau, un clin d’œil à la montée du niveau de la mer provoquée par la fonte des glaces. Un immense rond au milieu du décor fait aussi office de soleil brûlant.

Malgré ces qualités et des comédiens convaincants, cette pièce expose des discours maintes fois prêchés par les écologistes et l’industrie qui en fin de compte suscitent peu d’émotions.   

Pétrole est présentée jusqu’au 14 mai chez Duceppe.

Pétrole ★★★   

Une mise en scène d’Édith Patenaude
Avec Éric Bernier, Frédéric Blanchette, Louise Cardinal, Jean-François Casabonne, Paméla Dumont, Ariel Ifergan, Simon Lacroix, Jean-Sébastien Lavoie, Marie-Ève Milot, Olivia Palacci, et Elkahna Talbi

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