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Le malaise et l’ironie réunis

0423 Spectacles Atteintes
Photo courtoisie, Maxim Paré-Fortin Maxime Genois, Iannicko N’Doua, Karine Gonthier-Hyndman et Ève Pressault se partagent la scène dans Atteintes à sa vie à l’Usine C.

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Dans un récit sans queue ni tête, Atteintes à sa vie, présenté à l’Usine C bouscule les spectateurs prêts à ce genre d’exercice.

Sautant à pieds joints dans le bizarre, cette production n’est certainement pas une œuvre grand public. Écrite par le dramaturge britannique Martin Crimp, elle traite notamment de terrorisme, de pornographie, d’art et de plein d’autres sujets de manière éclatée pour tirer tout le jus que notre modernité puisse offrir. Elle le fait en tentant de cerner un personnage énigmatique qui prend de multiples formes. Elle s’appelle tour à tour Anne, Anny, Annie et Annushka selon le contexte. Elle est parfois une mère, une amante, une artiste et même une marque de voiture.

Pondu en anglais en 1997, ce texte monté pour la première fois au Québec est porté par Maxime Genois, Karine Gonthier-Hyndman, Iannicko N’Doua et Ève Pressault. Dans 17 brèves esquisses éclectiques censées évoquer cette mystérieuse Anne, ces comédiens se glissent dans la peau de narrateurs. Ils discutent entre eux pour bien la décrire, incertains de qui elle est vraiment ou ce qu’elle ressent. Ils l’incarnent aussi, ainsi que d’autres personnages qui interagissent avec elle.

Cette Anne est donc le fruit de leurs perceptions et de leurs envies. À travers elle se révèlent de gros malaises, de la violence, de l’ironie et des contradictions qui nous renvoient à nous et à notre époque.

Un espace bien exploité

La mise en scène de Philippe Cyr se veut aussi ambitieuse que la démarche de Martin Crimp. La scénographie s’appuie sur des éléments très variés. Le public surplombe la scène qui devient une vaste arène. Une plateforme émerge au centre durant la présentation. À un autre moment, les protagonistes se trouvent à la hauteur des spectateurs à moins d’un mètre de la première rangée pour s’adresser à eux. L’espace de l’Usine C est ainsi merveilleusement exploité.

Les comédiens sont très solides. L’absurdité de leur propre position, qui est de parler d’une personne qu’ils ne « saisissent » vraisemblablement pas, ainsi que l’incongruité de nombreux tableaux suscitent parfois des rires du public.

Un peu comme une chanson de Lady Gaga, il ne faut pas essayer d’y comprendre le sens des mots, mais de s’ouvrir plutôt aux impressions générales que le rythme et le texte dégagent. Il s’agit donc d’une expérience intime que certains aimeront, mais qui en laissera d’autres perplexes.

  • Atteintes à sa vie ★★★☆☆

Présentée à l’Usine C jusqu’au 30 avril

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