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À un cheveu de la mort après une chirurgie esthétique botchée

Marking abdomen for cosmetic correction surgery
Photo Adobe Stock

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Sa chirurgie esthétique a causé une infection qui a failli la tuer.  

Une mère de famille qui a payé 30 000 $ à un spécialiste de renom pour une importante chirurgie plastique à Montréal a cru qu’elle allait y laisser sa peau l’an dernier, après qu’une infection a gravement dégénéré. 

«J’étais sûre que ça y était », confie la femme dans la quarantaine, encore sous le choc. 

«Je savais qu’il y avait des risques, mais je pensais qu’on me prendrait en charge, qu’on ne me laisserait pas mourir dans mon coin. » 

L’été dernier, cette dame a consulté à un chirurgien plasticien de Montréal réputé dans son domaine. Le Journal ne le nomme pas, puisque la patiente souhaite demeurer anonyme. 

«C’était à mon tour»

L’opération de six heures comprenait un redrapage avec augmentation mammaire, une liposuccion et une abdominoplastie. Dans le jargon, c’est ce qu’on appelle le «mommy makeover» (réparer les traces de la grossesse). 

«J’avais préparé ma valise, je n’étais pas du tout nerveuse, j’avais assez hâte. J’étais all in», se rappelle-t-elle. 

Or, dès la fin de l’opération, les choses ont mal tourné. 

« J’étais encore endormie, on me pressait d’aller faire pipi... Ils m’ont mis une sonde urinaire, ils m’ont tellement fait mal, dit-elle. Après, ils m’ont mis sur un fauteuil roulant, ils ont ouvert la porte de garage et m’ont sorti dehors!» 

«Mon chum capotait, j’étais jaune», soutient celle qui n’a aucun souvenir du trajet de retour à la maison. 

Rapidement, son état a dégénéré en raison d’une infection urinaire. Durant les semaines suivantes, l’état général ne faisait qu’empirer. Fesses bleues, seins purulents, douleur, insomnie: la mère n’arrivait plus à se lever de son lit. 

Appels, textos, courriels: elle jure avoir contacté le cabinet du médecin presque «tous les jours», en a envoyé des photos de ses plaies à l’appui. 

«Je me présentais au bureau, il disait que tout était correct, que ça irait mieux dans deux semaines! rage-t-elle. Je me disais que je n’étais pas faite forte.» 

À un moment, la femme dit s’être fait prescrire un antibiotique au téléphone. 

«Ce n’était même pas le bon! Il traitait n’importe quoi», ajoute la dame qui était suivie au CLSC pour ses plaies. Il aurait pu me dire; va à l’hôpital, ne prends pas de chance. Mais non, il disait que je n’avais rien!» 

Au début septembre, la fièvre s’est mise de la partie. Même si la clinique niait qu’il y avait infection, la dame trop inquiète s’est rendue à l’hôpital, à Terrebonne. 

Quoi faire maintenant?

«Les médecins (de l’urgence) étaient fâchés au début, ils pensaient que j’étais allé à l’étranger me faire opérer.» En raison d’un choc septique (infection répandue dans le sang), la chirurgienne lui a retiré ses implants mammaires en urgence. 

«Pendant la nuit, j’étais en train de mourir. On m’a dit que si j’avais été plus âgée, je n’aurais pas passé au travers», confie la mère, qui peine à se remettre de cette épreuve. 

«Ça a été long guérir les cicatrices... Les seins sont épouvantables, je ne peux pas rester comme ça», confie-t-elle, bien qu’elle n’a pas les moyens de repayer une autre chirurgie. «Je pense à ça jour et nuit. Je ne sais pas quoi faire», dit la femme qui a entrepris des démarches juridiques. 

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