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5 questions à Danièle Méthot, réalisatrice de District 31

District 31
Photo courtoisie, Eric Myre Les comédiens de District 31 entourent Luc Dionne, le scénariste de la populaire série.

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Après Virginie, 30 vies et District 31, on peut dire que réaliser une quotidienne est pour Danièle Méthot un mode de vie. Elle en parle avec enthousiasme et générosité, admire le professionnalisme et la solidarité de l’équipe, salue la qualité des textes et la confiance que Luc Dionne et Fabienne Larouche lui font, et précise que malgré la rigueur que demande un tel projet, il y a beaucoup de plaisir sur le plateau. Prête à rembarquer sur la prochaine quotidienne d’ICI Télé, elle prend un moment pour faire un bilan de cette épopée policière hautement appréciée, suivie par plus de 1,8 million de téléspectateurs, qui vient tout juste de se terminer.

Vous avez été de la création de District 31, en quoi la série s’est-elle distinguée dès le début ?

Fabienne dit tout le temps : les gens nous regardent à 7 h le soir en faisant la lessive, les lunchs des enfants, il faut capter leur attention. On est donc toujours dans le mouvement. Les scènes sont courtes, pas trop assises, on voit les personnages marcher, se rencontrer, partir en courant. Il y a beaucoup de corridors ! Nos deux caméras sont à l’épaule. Les textes de Luc ont du rythme, sont dans le mouvement. Même chose pour le montage. Les monteurs savent qu’on ne coupe jamais un déplacement. 

Danièle Méthot
Photo courtoisie, Karl Jessy
Danièle Méthot

Des intrigues policières au quotidien, le maintien d’une tension, d’un suspense, qu’est-ce qui fait qu’on y a cru dès le début ?

Tout part des textes. Dès qu’ils sortent, tout le monde se rue pour les lire. Tout est clair. La proximité que les gens ressentent vient de là. Dès la première lecture, Luc avait dit aux acteurs qu’ils pouvaient changer des mots pour s’approprier les textes. Ils ont pu rapidement s’imprégner de leurs personnages. Nous avons eu la chance de passer deux jours dans un poste. Tous les départements s’en sont inspirés. Fabienne a eu l’idée d’avoir de vrais policiers parmi les figurants. Tout en respectant les conventions de l’UDA, ça nous permettait de valider certains détails avec eux. C’est rassurant d’avoir ces références sur le plateau. Ça peaufine la crédibilité. Par exemple, quand le SWAT arrive, les deux premiers sont généralement de vrais policiers. Les figurants peuvent s’y référer. Il y a aussi le jeu des comédiens. Vincent-Guillaume Otis est toujours en action même quand la caméra n’est pas sur lui. Il fouille dans ses papiers, prend un crayon. Pour un réalisateur, c’est précieux. Dans les scènes de resto, il mange pour vrai. J’aime aussi laisser rouler la caméra 7-8 secondes après la fin d’une scène. Ça donne des petits moments que j’utilise souvent. Comme la fameuse photocopieuse qui ne marche jamais !

Quelles sont les intrigues qui ont marqué ou influencé la réalisation ?

Je repense à la mort de Phaneuf. La voiture pourchassait l’autobus et on entend un train venir. J’ai dit à l’équipe : « Vite on tourne ! » Avec le train, la scène est magique. Ça ne s’invente pas. Pour la mort de Pouliot, je me suis réveillée en pleine nuit et me suis dit qu’on allait mettre Chiasson derrière son fauteuil et que tout le monde allait comprendre. On a eu beaucoup de décès marquants.

Quelles sont les scènes que vous aimiez particulièrement tourner ?

J’aime aller en salle d’interrogatoire. J’aime quand un personnage commence à être mis dans un coin. La caméra est basse, en contre-plongée. On sait qu’on a affaire à un tout-croche. 

Vous avez réalisé la dernière scène. Comment vous êtes-vous sentie ?

Quand je prépare une semaine de tournage, je lis toujours les quatre textes ensemble, je les annote, et je commence le découpage des studios. Le directeur de locations me propose des lieux, la directrice de casting, des comédiens. Je visite les lieux extérieurs et le vendredi je termine le découpage des scènes dans ces lieux. La scène finale se passe en studio et toute la semaine je n’arrivais pas à faire le découpage. J’y pensais tout le temps, à l’épicerie, partout. Ce n’est que le vendredi soir à 20 h 30 que j’ai eu un flash. En studio, j’étais tellement fragile. À la fin de la scène, plutôt que de dire « couper », j’ai dit « dans 3-2-1 action ». J’étais complètement émue. C’est un beau voyage qui se termine. C’est ma plus belle histoire d’amour professionnelle.

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