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Constat troublant

Un ennemi du peuple résonne avec énormément de force

Un ennemi du peuble
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Jean-Sébastien Ouellette et Eve Landry excellents dans les rôles des frère et sœur Peter et Katherine Stockmann dans l’adaptation de la pièce Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen.

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Des propos justes et pertinents, un quatrième mur qui tombe et une mise en scène amusante et parfois déjantée, la pièce Un ennemi du peuple conclut de bien belle façon la 51e saison du Trident.

À l’affiche jusqu’au 14 mai à la salle Octave-Crémazie, l’adaptation du dramaturge norvégien d’Henrik Ibsen, revisitée par Sarah Berthiaume et Édith Patenaude, tombe à point. Écrite en 1882, cette pièce est encore pleine de vérité. 

Dans une petite ville nordique, la docteure Katherine Stockmann découvre, à la suite d’une initiative personnelle, que les eaux de la station thermale où elle travaille sont contaminées.

Le journal local et la chambre de commerce sont derrière elle pour dénoncer la situation. Jusqu’à ce qu’elle perde tous ses appuis. Parce que les coûts pour refaire les canalisations seraient trop élevés pour la municipalité et les contribuables et parce que la station thermale est importante économiquement.

Dans une époque actuelle, où les craintes des groupes de citoyens, versus l’environnement, ne sont pas toujours prises au sérieux, Un ennemi du peuple résonne avec puissance. La pièce aborde l’inaction des autorités, les pressions exercées à l’endroit des médias, l’absence de jeunes chez les décideurs politiques, les gens qui crachent sur la science, les intérêts supérieurs et les gens peu informés qui votent aux élections. 

« Tout le monde pense à sa petite affaire, mais jamais à la société », lance la docteure Stockmann, qui ira à fond dans la dénonciation. Pour que la vérité sorte, coûte que coûte.

La forme explose

La distribution est de haut niveau avec Eve Landry, Jean-Sébastien Ouellette, Steve Gagnon, Dominique Pétin, Marianne Marceau, Noémie O’Farrell, Emmanuel Bédard, Kevin McCoy et les autres. 

Ça s’engueule, ça déborde et c’est intense. Surtout lors des rencontres entre la docteure, interprétée par Eve Landry, et son frère Peter, maire de la ville, joué par Jean-Sébastien Ouellette. 

Ce qui n’empêche pas la présence de moments d’humour et d’ironie.

La forme explose après l’entracte. Le quatrième mur tombe et les spectateurs se retrouvent au cœur d’une assemblée municipale houleuse. Les comédiens ne sont plus seulement sur les planches, mais dans la salle.

Cette forme est aussi folle et amusante lors des quelques changements de décor.

Cynique et troublant de vérité, Un ennemi du peuple nous renvoie une image fort troublante. Comme si les choses n’évoluaient jamais ou très peu. Important et essentiel.

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