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Hôpital Maisonneuve-Rosemont: Marissal dénonce un service «in English only»

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Pour illustrer l’ampleur du défi linguistique à Montréal, le député solidaire Vincent Marissal a confié mardi qu’un membre de sa famille a été traité en anglais seulement lors d’une visite récente à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.

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Le député de Rosemont a raconté sa mésaventure lors de l’étude des crédits qui débute aujourd’hui à l’Assemblée nationale.  

«Je vous parle des francophones qui se retrouvent à Maisonneuve-Rosemont et qui reçoivent des suivis orthopédiques en anglais seulement, et deux fois plutôt qu’une. J’étais là», a souligné M. Marissal.  

Le député solidaire dit comprendre que la pénurie de main-d’œuvre peut obliger l’établissement à avoir recours aux spécialistes disponibles, sans égard à la langue. Mais «on se retrouve dans un hôpital dans l’est de Montréal à se faire soigner dans des termes extrêmement techniques après une opération in English only. Ça n’a aucun bon sens», a-t-il déploré. 

Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a pris la balle au bond pour expliquer que son projet de loi 96 s’attaque justement à ces enjeux.  

Les patients ont déjà le droit d’être soignés en français, peu importe l’établissement, souligne-t-il. Mais son projet de loi s’assura que les ordres professionnels exigeront de leurs membres de maintenir une connaissance suffisante du français.  

«Ce n’est pas un droit d’être membre d’un ordre professionnel, c’est un privilège», dit le ministre.   

Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec Vincent Marissal sur QUB radio :

Louisianisation du Québec

Le premier ministre François Legault a d’ailleurs souligné l’importance d’adopter le projet de loi 96, lors d’un point de presse sur un tout autre sujet, en compagnie de sa nouvelle députée, Shirley Dorismond. 

Questionné sur l’arrivée de deux nouveaux partis près de la communauté anglophone – Mouvement Québec et le Parti canadien du Québec –, François Legault a souligné que les deux formations souhaitent un Québec bilingue.  

«Je pense qu’ils doivent comprendre que si le Québec est bilingue, malheureusement la force d’attraction de l’anglais en Amérique du Nord sera tellement forte que ce serait une question de temps avant qu’on ne parle plus français au Québec et qu’on devienne [comme la] Louisiane», a commenté le premier ministre, lorsque questionné en anglais.  

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Amendement controversé

Après avoir laissé planer un doute lors de l’étude des crédits, mardi matin, le ministre Simon Jolin-Barrette a confirmé en fin de journée qu’il modifiera un amendement controversé au projet de loi 96 introduit par la PLQ.  

Celui-ci prévoyait que les étudiants des cégeps anglophones, incluant les ayants droit, devraient suivre trois cours de leur cursus en français. La proposition avait créé un tollé dans les communautés anglophones, base électorale du Parti libéral du Québec.  

Finalement, les ayants droit (la communauté historique anglophone qui peut fréquenter l’école primaire et secondaire en anglais) pourront plutôt suivre trois cours supplémentaires de langue seconde en français, qui s’ajoutent aux deux déjà prévus.  

Les allophones et francophones qui fréquentent un cégep de langue anglaise, eux, devront recevoir les trois cours de leur programme en français.  

Dans les deux cas, il s’agira d’une formation de 45 heures qui sera prise en compte pour la cote R.  

Hélène David a reconnu, mardi, avoir fait «entrer le loup dans la bergerie» avec son amendement. Mais la députée affirme maintenant que sa formation réalise que la maitrise du français chez les jeunes anglophones est insuffisante.  

À l’opposé, Simon Jolin-Barrette fait valoir que, justement, la formation collégiale doit permettre aux étudiants de travailler en français au Québec.

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