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L'inquiétante montée du populisme, partout, même ici

Marine Le Pen
AFP Marine Le Pen

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Macron a donc gagné. C’était écrit dans le ciel. Le contraire nous aurait étonnés. Même si, après la victoire de Donald Trump devant la favorite Hillary Clinton, nous sommes tous devenus très prudents quand vient le temps de faire des paris sur les issues électorales.

Il a donc enregistré un score honorable lui permettant d’être à la tête de la République française pour un deuxième quinquennat. Il est d’ailleurs le premier président de la cinquième République à être réélu hors cohabitation. 

Emmanuel Macron a gagné la bataille. Mais il est loin d’avoir gagné la guerre. Cette victoire cache un mal qui gangrène nos sociétés et qui s’est, lui aussi, exprimé dimanche dernier: la montée en puissance du populisme dans nos démocraties occidentales

En effet, ce ne sont pas tant les 59% de Macron qui m’ont surprise, que les 41% des votes recueillis par l’extrême droite de Marine Le Pen. 

Marine Le Pen
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Rappelez-vous, en 2002, lorsque Jean-Marie Le Pen, le père de l’actuelle cheffe du Rassemblement national (autrefois appelé le Front national), s’était hissé au deuxième tour de la présidentielle française, contre Jacques Chirac. Il y avait eu, alors, une réelle levée de boucliers, tant de la part de la société civile que des médias et des personnalités publiques. Comment la France, pays des Lumières, pouvait-elle en être arrivée à ce point? L’extrême droite aux portes de l’Élysée? Jamais! avaient-ils tous promis. Le FN avait donc été humilié avec un maigre résultat de 18% des votes. 

Devinez quoi, en 20 ans, les «Le Pen» ont plus que doublé leurs votes au deuxième tour. 

De 18% en 2002, Marine Le Pen a atteint 41% dimanche. Si la tendance se maintient, comme dirait l’autre, elle pourrait réellement gagner aux prochaines élections présidentielles, dans cinq ans. 

L’exemple français fait écho à l’expérience américaine: rappelez-vous notre surprise collective de voir un Trump élu et presque réélu, et la croisade populiste pour le Brexit de Boris Johnson en Grande-Bretagne, etc. Il ne s’agit pas, ici, de républiques de bananes, mais de puissances occidentales qui ont marqué l’histoire de l’humanité. 

Sommes-nous à l’abri de ce populisme galopant, ici, au Québec et au Canada? Absolument pas. Si nous ne voulons pas être aspirés par ces tendances dangereuses, nous allons devoir être très vigilants et de ne pas permettre aux politiciens de nous prendre pour des valises à coups de phrases creuses en jouant sur nos peurs et en nous dressant les uns contre les autres. C’est malheureusement souvent le signe qu'il est déjà trop tard. 

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