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COVID-19: un père de 46 ans survit après 28 jours dans le coma

Un père de famille raconte comment la COVID-19 a failli l’emporter même s’il se croyait en santé

survivant covid-19
Photo Jonathan Tremblay Nicolas Chicoine, 46 ans, se remet tranquillement de la COVID-19 dans sa chambre de l’Hôpital Sacré-Cœur à Montréal, en compagnie de sa conjointe, Nancy Lebeau, qui a toujours été à son chevet.

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Un père de famille de 46 ans triple vacciné, qui a réussi à survivre à la COVID-19 après presque un mois dans le coma, tient à prévenir du fait que ce virus peut terrasser ceux qui s’y attendent le moins.

« Il faut faire attention. J’étais un gars actif », pousse Nicolas Chicoine, le souffle court, assis près de son lit d’hôpital.

Cette semaine, le survivant de 46 ans, frêle et affaibli, a accepté de recevoir Le Journal dans sa petite chambre close de l’unité spécialisée aux cas de coronavirus de l’Hôpital Sacré-Cœur, à Montréal.

Lentement mais sûrement, le patient reprend des forces. Depuis le 31 janvier, jour où il a été déclaré positif, il a perdu près de 40 lb et ne pèse plus que 108 lb.

Comme son cas ne faisait qu’empirer au fil des jours, M. Chicoine a été plongé dans un coma artificiel, le 14 mars dernier.

On le voit ici alors qu’il était plongé dans le coma dans les dernières semaines.
Photo courtoisie
On le voit ici alors qu’il était plongé dans le coma dans les dernières semaines.

Pourtant, il avait bien reçu ses trois doses de vaccin. Le résident de Saint-Ambroise-de-Kildare n’avait aucun problème de santé connu. Il n’était ni buveur ni fumeur. Mais les médecins lui ont découvert une petite masse, un thymome, nous raconte sa conjointe des deux dernières décennies, Nancy Lebeau, 47 ans.

« Ç’aurait empêché les vaccins de fonctionner. Il n’avait aucun anticorps et était immunosupprimé », explique celle qui est à son chevet depuis le premier jour. 

  • Écoutez le témoignage de Nicolas Chicoine et sa conjointe Nancy Lebeau, au micro de Philippe-Vincent Foisy, sur QUB radio:   

La mauvaise loterie

Les semaines suivantes ont été éprouvantes pour elle et leurs trois enfants. 

Mme Lebeau affirme avoir eu peur de perdre son amour de jeunesse à deux ou trois reprises, tant son état régressait.

« Des cas comme le sien, on les compte sur les doigts d’une main », dit-elle pour qualifier le parcours rare de son conjoint.

« C’est comme gagner à la loterie, mais de manière négative », poursuit Mme Lebeau, qui a tout, tout noté dans un cahier.

« Je me suis battu », reconnaît le mécanicien, désormais essoufflé pour un rien.

On peut aussi constater qu’il avait bonne mine et pesait près de 40 livres de plus avant de contracter le virus.
Photo courtoisie
On peut aussi constater qu’il avait bonne mine et pesait près de 40 livres de plus avant de contracter le virus.

Il se réjouit néanmoins d’avoir contracté le virus cet hiver, et non il y a deux ans.

« En 2020, je pense que je ne serais pas passé à travers. On a été chanceux, ils ont une expertise, maintenant », dit-il.

Toujours une menace

Maintenant qu’il remonte enfin la pente, M. Chicoine tient à sensibiliser les gens au fait que le virus est toujours une menace.

« On ne sait pas ce qui nous pend au bout du nez », estime le passionné de plein air, en référence à cette masse insoupçonnée découverte après son hospitalisation.

Son histoire aura assurément servi à conscientiser ses proches, croit-il.

Et chose certaine, son expérience l’obligera à modifier son propre quotidien.

« Avant, j’avais moins peur. Là, j’ai peur, confie-t-il. Il ne faut pas arrêter de vivre, mais il faut être prudent. »

« Je ne boirai plus dans le verre des autres », donne à titre d’exemple celui qui ne se permet même pas encore de serrer ses enfants de 18, 21 et 23 ans dans ses bras.

« C’est dur », souffle, la larme à l’œil, le père déçu d’avoir raté les anniversaires.

Une journée à la fois

Aujourd’hui, Nicolas Chicoine se promet de « vivre une journée à la fois ».

« Je vais profiter de la vie. Il ne faut pas oublier de dire je t’aime à ceux qu’on aime » dit-il, empathique en pensant à la souffrance de ses proches durant son coma.

Hier, M. Chicoine a été transféré à l’hôpital de Joliette, où il a entamé sa réadaptation. 

« On a hâte de retourner à la maison », conclut tout sourire Nancy Lebeau. Elle a reçu son lot de soutien, pour tenir le coup.

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