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Lafleur et Carter, de grands ambassadeurs

DOSSIER Guy Lafleur - Varia
Photo d'archives Gary Carter et Guy Lafleur étaient les deux grandes vedettes sportives du Québec dans les années 1970-1980.

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Rassembleur, le sport m’a permis de me lier d’une amitié de plus de 40 ans avec Guy Lafleur. Quinze jours avant le dernier Noël, je jasais au téléphone avec Guy, qui était hospitalisé au CHUM. Il me demande si j’avais le temps de le visiter. 

J’ai quitté instantanément ma résidence de Terrebonne sans avoir réalisé que c’était pour être ma dernière rencontre avec le Démon blond.

Une fois arrivé à sa chambre, j’entends Guy et son médecin qui échangent. Son lit est caché par un simple rideau. Une fois la toile retirée, les deux hommes m’aperçoivent et m’invitent à me tirer une chaise. 

Guy est assis dans son lit et me tend la main en souriant, pour me rassurer. Il va bien malgré les circonstances.  

Durant les matchs des Expos

La discussion avec le médecin est cordiale. Puis arrive l’instant déclencheur. On commence à parler baseball. 

Le docteur nous apprend qu’il était un préposé aux ventes dans les estrades pendant les matchs des Expos ou d’autres événements au Stade olympique. 

Son patron était Luigi Carola, qui est aujourd’hui avec le groupe Effix, une agence de commandites et de partenariats responsable des ventes publicitaires du Canadien. Avant de nous dire au revoir, le médecin avise Guy qu’il peut quitter le CHUM en fin d’après-midi pour retourner chez lui. 

Un homme généreux  

Une discussion s’engage. On parle de tout. Comme toutes les discussions entre hommes, on veut régler tous les problèmes de la planète.

Puis à un moment donné, Guy me parle de son cancer et de la douleur qu’il ressent. J’écoute attentivement mon ami et surtout ce grand héros de milliers de Québécois. 

Il avait décidé d’interrompre ses traitements pendant les Fêtes afin de s’offrir du temps de qualité avec les membres de sa famille. 

Après m’avoir partagé ses intentions, Guy a une pensée pour Luigi Carola dont le fils, Anthony, est décédé à 14 ans à la suite d’un cancer. Lafleur sait que ses jours sont comptés, cependant, il trouve injuste que des parents perdent leurs jeunes enfants. 

Je raconte à Guy l’amitié qu’Anthony avait avec l’ancien joueur des Expos Rondell White. Sans aucune hésitation, il me confie qu’Anthony pouvait compter sur un joueur de baseball comme ami et qu’en tant que joueur de hockey, Guy Lafleur était son ami.

« Crois-tu que le projet du retour du baseball à Montréal va se réaliser ? » me demande-t-il. 

Son amitié avec le receveur

Il me rappelle l’amitié qu’il avait eue avec le légendaire Gary Carter. 

Lafleur et Carter étaient nos grandes vedettes de la scène sportive montréalaise à l’époque. Les deux avaient un grand respect mutuel. 

Guy me souligne que Gary et lui avaient été chassés de Montréal à leur insu. Il ajoute que l’un des beaux moments de sa carrière, c’est la journée où il a porté l’uniforme des Expos aux côtés de Gary Carter lors du retour de celui-ci à Montréal. 

Martin Lafleur m’a confié que son frère, Mark, et lui avaient un père comme joueur de hockey et qu’au baseball leur père spirituel était Gary Carter. 

Idoles exceptionnelles

Guy et Gary comprenaient leurs rôles respectifs au sein de la communauté québécoise. À ce jour, personne n’est parvenu à remplir leurs chaussures.

Une conversation avec Guy était toujours intéressante. Je devais trouver un sujet pour le stimuler car nos échanges étaient trop agréables. Je le regarde en lui posant la question suivante : « Le Canadien te paye assez bien et tu les critiques ? » 

Ma mission est réussie, il s’assied droit dans son lit. 

« Écoute-moi bien, mes déclarations ont pour but d’améliorer l’équipe. » 

Il ajoute que Geoff Molson et France Margaret Bélanger, du Canadien, ne lui ont jamais fait un reproche pour ses déclarations parfois incendiaires. C’est plutôt le contraire, ils ont toujours eu un énorme respect pour le numéro 10. Il était très reconnaissant envers France Margaret Bélanger et Réjean Houle pour leurs efforts de s’assurer qu’il passe des moments sereins avec sa famille, celle du Canadien et les partisans. 

Une larme

Récemment, son fils Martin m’a partagé des moments des derniers mois de la vie de son père. Le paternel recevait beaucoup de messages de familles dont l’un des membres avait des problèmes de santé. Guy prenait le temps de leur écrire ou de les joindre au téléphone pour les encourager.

Au cours de notre rencontre, le cellulaire de Guy sonne et son fils Martin l’avise que sa mère Lise et lui avaient fait l’achat d’un lit médical qui sera livré à la maison. 

Une larme coule sur sa joue.

Quelques instants de silence ont suivi cet appel. Il passe lentement sa main sur sa tête qui n’a presque plus de cheveux. Il rit de bon cœur.

« Tu diras à Menick que mon fils Mark va maintenant me couper les cheveux. » 

Généreux jusqu’à la fin

Quelques jours avant son décès, Flower voulait parler à Menick, son confident lorsqu’il était assis sur la chaise de barbier à 6 h le matin, une fois par mois, pendant plus de 30 ans. 

Soudainement, il regarde sa montre. 

« Hé ! il est 16 h 20, il est temps que tu quittes afin d’éviter les congestions sur les routes pour ton retour à Terrebonne. »

Encore une fois, il pensait au bien des autres, bien avant le sien.

À sa mère, Pierrette, ses sœurs, son épouse, Lise, ses fils Mark et Martin, merci de nous avoir permis de partager Guy Lafleur dans nos vies. 

 

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