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Le controversé Didier Raoult visé par les autorités sanitaires

Le controversé Didier Raoult visé par les autorités sanitaires
AFP

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Le chercheur français Didier Raoult, célèbre pour avoir vanté un traitement controversé contre la COVID-19, a été vivement critiqué mercredi par les autorités sanitaires, qui ont dénoncé de «graves manquements» dans des études cliniques menées par l'institut qu'il dirige. 

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L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a accusé l'Institut hospitalo-universitaire (IHU), basé à Marseille (sud-est), de s'être affranchi pendant des années de multiples règles pour mener des recherches sur des patients.

«Les règles éthiques n'ont pas été systématiquement respectées, ne permettant pas d'assurer la protection des personnes à un niveau suffisant», a expliqué l'ANSM dans un communiqué.

C'est la première fois que les autorités sanitaires s'attaquent aussi explicitement au Pr Raoult. Il est déjà poussé vers la sortie par son autorité de tutelle, les hôpitaux de Marseille, et blâmé par l'Ordre des médecins.

Didier Raoult a acquis une célébrité médiatique en tenant des positions, aujourd'hui discréditées, sur la COVID-19, notamment l'efficacité supposée de traitements comme l'hydroxychloroquine.

Ses positions lui ont valu une grande popularité en France auprès des «anti-système» et des complotistes, persuadés que les critiques à son encontre étaient téléguidées par l'industrie pharmaceutique opposée à un traitement bon marché, tandis qu'à l'étranger, le président américain d'alors, Donald Trump, et son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, se faisaient les apôtres de l'hydroxychloroquine, dérivée de l'anti-paludéen chloroquine.

Néanmoins, le réquisitoire de l'ANSM ne concerne pas le Covid, mais des études menées avant la pandémie.

Selon l'autorité, à de multiples reprises, des essais ont été engagés sans obtenir l'avis obligatoire d'un comité indépendant ni, parfois, le consentement de tous les patients (ou de leurs tuteurs légaux). C'est par exemple le cas de prélèvements rectaux réalisés au début des années 2010 sur des enfants atteints de gastro-entérite.

L'ANSM a annoncé avoir saisi la justice, ce qu'elle avait déjà fait à l'automne lors de la publication d'une enquête par le site d'investigation Mediapart.

Ce site a accusé l'infectiologue d'avoir mené depuis des essais cliniques illégaux contre la tuberculose, qui auraient «provoqué chez plusieurs patients, dont un mineur, de graves complications».

Le Pr Raoult a toujours contesté l'existence d'essais sur la tuberculose, évoquant «seulement des choix thérapeutiques par des médecins».

L'ANSM a estimé mercredi que ces pratiques ne constituaient pas en tant que telles un essai clinique et ne se considère donc pas en mesure d'intervenir directement sur le sujet.

Retraité depuis l'été dernier de son poste de professeur d'université-praticien hospitalier, le Dr Raoult doit quitter prochainement la tête de l'IHU.

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