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Les honneurs pour la mairesse Boucher

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Photo d'archives L'ex-mairesse de Québec, Andrée Boucher.

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Le maire Bruno Marchand redémarre le processus qui permettra à la Ville de Québec d’honorer comme il se doit la mairesse Andrée P. Boucher, pionnière de la politique municipale décédée il y a 15 ans.

Depuis plusieurs années, la famille de celle que l’on surnommait «la mairesse du peuple» milite pour une plus juste reconnaissance de la contribution de cette pionnière. Ils suggéraient qu’une rue ou un boulevard soit rebaptisé en sa mémoire. 

Son mari, Marc Boucher, décédé en décembre 2019 d’un cancer fulgurant, a espéré jusqu’à son dernier souffle. Il souhaitait pour sa part que ce soit le boulevard Hochelaga.

Certes, l’administration Labeaume avait donné le nom de la mairesse à l’édifice qu’elle avait fait construire, sur la route de l’Église, et qui abrite aujourd’hui différents services de la Ville. Sauf que tous continuent d’appeler le bâtiment «l’ancien hôtel de ville de Sainte-Foy», et l’ex-maire Régis Labeaume refusait d’en faire davantage.

«C’est effectivement difficile à comprendre qu’aucune rue ne porte le nom de la première mairesse de la Ville de Québec», estime Bruno Marchand, qui a confirmé au Journal que son administration entendait réactiver le processus, lequel s’effectuera avec la Commission de toponymie. 

Le maire ajoute que «c’est un processus qui doit se faire en bâtissant des ponts avec la famille, et qui rendra un honneur à la hauteur du rôle qu’elle a joué». 

Ému aux larmes 

Mis au fait par Le Journal, hier, de la volonté du maire Marchand et de la réouverture du dossier, Denis Boucher, fils cadet de la mairesse, a fondu en larmes.

«C’est très touchant. Je pense à mon père et ça lui aurait fait tellement plaisir de l’apprendre avant qu’il s’en aille», a-t-il soufflé, ajoutant son intention de visiter ses défunts parents sur le lieu de leur dernier repos, en soirée. 

«La volonté du maire étant là, je pense que le dossier va arriver à bon port, et je pense qu’il va y avoir une belle réaction de la population de Québec par rapport à ça», s’est réjoui M. Boucher, soulignant que la famille espérait tant que la contribution d’Andrée Boucher soit reconnue. 

Denis Boucher entendait aussi, bien sûr, partager la nouvelle avec son frère et sa sœur, «qui seront si heureux d’apprendre ça. Je veux dire merci au maire en notre nom, et évidemment, on demeure disponibles et prêts à l’aider».

Denis Boucher rappelle que lors du décès de sa mère, emportée par un malaise cardiaque à l’âge de 70 ans, un énorme courant de sympathie a démontré à quel point elle a eu un impact, et combien la population lui était attachée.

Nombreux arguments

Une rue a par ailleurs été désignée pour tous les anciens maires de Sainte-Foy, sauf Andrée P. Boucher, première femme à diriger cette ville (de 1985 à 2001) et à diriger un parti politique municipal au Québec.

Mais l’argument qui milite le plus en faveur d’une telle requête, comme l’avait évoqué l’ex-ministre et députée Agnès Maltais lors d’un entretien sur le sujet en 2020, c’est le fait que Mme Boucher a été la première femme mairesse de Québec, de 2005 jusqu’à son décès subit, le 24 août 2007.

«J’ai un grand respect pour elle, même si on n’avait pas toujours les mêmes idées», m’avait confié Mme Maltais. 

Puis, on répète constamment, avec raison, qu’il faut attirer plus de femmes en politique. Un bon moyen d’y parvenir consiste à leur présenter des modèles, et à honorer la mémoire de celles qui ont fracassé le plafond de verre. Et sans aucun doute, Andrée P. Boucher fait partie de ces femmes hors du commun.

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