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Les microbiologistes-infectiologues veulent des renforts

Ils demandent au ministère de la Santé d’admettre plus d’étudiants à la résidence dans leur spécialité

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Des microbiologistes-infectiologues craignent sous peu une pénurie de main-d’œuvre si le ministère de la Santé ne se résigne pas à admettre plus d’étudiants de médecine à la résidence dans leur spécialité, nombre actuellement limité à trois par année.

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«On a déjà admis deux ou trois candidats par université, donc une douzaine au total par année et maintenant, ce n’est même plus un résident par université. [...] Ça ne suffit plus du tout à combler les besoins», déplore Jean-Michel Leduc, directeur des programmes de microbiologie médicale et d’infectiologie à l’Université de Montréal.

L’Association des médecins microbiologistes et infectiologues du Québec (AMMIQ) dresse le même constat. D’autant plus que la pandémie aura laissé des traces, estime son président Karl Weiss.

«Ça va prendre un changement de garde majeur, surtout après ce qu’on vient de vivre. [...] Il manque de gens et on a des gens fatigués, des gens qui partent à la retraite», soutient le Dr Weiss.

L’association compte actuellement un peu plus de 200 microbiologistes-infectiologues.

Tâche amplifiée

Le nombre d’étudiants admis à la résidence a graduellement diminué depuis 10 ans jusqu’à se stabiliser à 3 par année depuis 2018-2019. Mais pendant ce temps, la tâche des infectiologues n’a cessé de croître.

«On s’occupe des maladies infectieuses auprès des patients, on s’occupe des laboratoires, on s’occupe de la prévention et du contrôle des infections, puis on fait aussi l’antibiogouvernance, soit la gestion des antibiotiques dans les hôpitaux», expose Karl Weiss, arguant qu’on ne peut commencer à tourner les coins ronds dans aucune de ces sphères d’activités si on veut éviter la catastrophe.

«Après deux ans de pandémie, s’il faut encore expliquer l’importance et le risque des maladies infectieuses à quelqu’un, il faudrait le sortir du Moyen-Âge», ironise le médecin.

Le volet de l’antibiogouvernance inquiète particulièrement son homologue de l’Université de Sherbrooke Louis Valiquette, qui y voit un risque réel pour la santé publique si on ne forme pas plus de spécialistes.

«La résistance bactérienne est un problème émergeant qui va nous retomber dans la face tôt ou tard [...] On va devoir prioriser les patients et couper les autres services. Ultimement, c’est la prévention qui va en souffrir, ce qui n’est pas de la bonne médecine. Il ne faut plus attendre d’être dans la merde», insiste le Dr Valiquette.

Demande au ministère

L’appel est donc lancé au ministère de la Santé pour revoir à la hausse le nombre d’admis annuellement. Surtout que la durée de la formation, soit trois années de médecine interne suivie de trois années en microbiologie-infectiologie, occasionne des délais avant d’en récolter les fruits.

«On s’en va un peu dans un mur en raison des délais de formation», explique la Dre Catherine Allard, directrice du programme de résidence en microbiologie-infectiologie de l’Université de Sherbrooke

Le ministère de la Santé et des Services sociaux précise que le nombre de postes sera désormais déterminé un an avant le début de la résidence, plutôt que trois «afin de donner plus d’agilité et d’être en mesure de réagir à des situations comme une pandémie».

«Les modalités postdoctorales 2022-2023 ont [aussi] classé la microbiologie-infectiologie comme prioritaire, ce qui a facilité les changements de programme vers cette spécialité en enlevant le plafond de postes et le recrutement de médecins formés à l’extérieur du Québec», évoque comme autre piste de solution Marie-Claude Lacasse, porte-parole du MSSS.

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