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«Eiffel»: éternelle jeunesse

«Eiffel»: éternelle jeunesse
AFP

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Dommage que la vie de Gustave Eiffel, joué par Romain Duris, soit inventée plutôt que racontée.

Eiffel, c’est évidemment la tour, désormais emblème de Paris et de la France. Gustave, de son prénom, vient de terminer la structure de la Statue de la Liberté au moment où le gouvernement français le presse de soumettre un projet pour l’Exposition universelle qui a lieu à Paris en 1889.

Même s’il préférerait faire quelque chose avec le métro de Paris, il décide d’améliorer le concept d’une tour métallique qui lui est présenté. C’est décidé, il en fera quelque chose d’époustouflant. Et parce qu’un film sur la vie d’un ingénieur, fût-il le créateur de la tour qui porte son nom, est forcément indigeste pour le cinéphile moyen, la scénariste Caroline Bongrand a cru bon de se concentrer sur une histoire d’amour totalement inventée.

Car, alors qu’il est en pleine conception, puis construction de sa tour, Gustave revoit son amour de jeunesse, Adrienne, incarnée par Emma Mackey, que l’on connaît de l’excellente série Sex Education. Mais voilà, rien de tout cela n’est crédible. Car le cinéaste Martin Bourboulon veut nous faire croire que Gustave et Adrienne se sont aimés il y a 20 ans, alors que l’actrice en a... 26. Et ça paraît. Résultat, on décroche sitôt cet élément dévoilé. De plus, si Romain Duris a droit à quelques faux cheveux blancs – et s'il a été rajeuni grâce à des prouesses informatiques –, Emma Mackey n’a pas droit au même traitement et elle est donc figée dans une éternelle jeunesse qui n’a rien de crédible.

Alors que la véritable histoire de la construction de la tour Eiffel est passionnante – Eiffel a dépensé des sommes non négligeables pour influencer les pouvoirs publics, il a accordé des salaires inouïs pour l’époque à ses ouvriers, etc. –, tout cela est passé sous silence afin de privilégier une histoire d’amour inventée et inintéressante au possible. On ne peut donc que regretter que ce Eiffel ne soit pas un film biographique – le titre Eiffel in Love a, en anglais, le mérite d’être honnête – et qu’il ne rende pas justice à un homme dont la vision a changé à jamais le visage de Paris.

Note: 2,5 sur 5

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