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Mesures sanitaires: la fin du désinfectant pour les mains demandée

Plus nécessaire à l’entrée des lieux publics, croient des experts

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Après la levée récente de plusieurs mesures sanitaires, certains experts et des commerçants remettent maintenant en question la pertinence de garder les désinfectants pour les mains dans tous les espaces publics.

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« Ça fait plusieurs mois que je le dis. On devrait commencer à faire une pause sur les fameux gels dans les entrées de magasins, de restaurants ou de commerces », tranche Benoit Barbeau, virologue et professeur à l’Université du Québec à Montréal.

En effet, cette mesure avait été mise en place au début de la pandémie de COVID-19, alors qu’on ignorait comment se transmettait le virus. 

Bien qu’il ait été aussi rapporté que le virus survivait un certain temps sur les surfaces, les risques d’infection par de tels contacts sont faibles, souligne Christian Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec. 

Les scientifiques ont déterminé que la COVID-19 se transmettait essentiellement par des gouttelettes dans l’air.

Faute de connaissance, « est-ce que c’était de l’overkill [exagération] ce qu’on a fait au début de la pandémie ? Très certainement », indique-t-il. 

« Aujourd’hui, est-ce que ce serait encore nécessaire de le faire ? Certainement pas au même niveau », précise M. Jacob.

Patience effritée

Après deux ans de crise sanitaire, cet outil de prévention est pourtant toujours recommandé et encouragé par la Santé publique. Mais les désinfectants sont-ils encore pertinents ? 

Chez les commerçants de l’avenue Laurier, à Montréal, les avis sont mitigés.

« Pas pantoute !, s’exclame Chantal Grenier, gérante à la crèmerie Bo-Bec. [Les clients] ne touchent à rien. Ils nous disent leur commande [...] et pognent carrément leur cornet. »

David Rogers, propriétaire d’un magasin d’objets de cuir artisanaux qui porte son nom, estime pour sa part qu’environ un client sur trois ou quatre se désinfecte les mains. 

« Je le garde parce que c’est la manière de vivre », indique-t-il.

Les travailleurs rencontrés par Le Journal tiennent à suivre les recommandations des autorités tant que la pandémie va perdurer. 

« Comme propriétaire, on est encore là. On doit encore respecter les règles, comme les désinfectants, la distance, les masques », souligne Amanda Ragone, propriétaire du Bistro Roccella.

Nocifs, mais...

Parallèlement, ces produits ont tendance à entraîner des réactions indésirables chez certaines personnes, rappellent les experts. 

« Il y a des gens qui tolèrent très peu l’alcool ou autres dérivés qui sont présents dans ces gels-là. Le derme [une couche de la peau] est aussi affecté », explique Benoit Barbeau.

Or, les désinfectants peuvent être utiles pour contrer la grippe ou encore la gastro. 

« Ces maladies ont une portion de transmission qui est indirecte. De prendre l’habitude de se laver les mains quand on est malade, c’est une bonne idée », conclut Christian Jacob.

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