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Le moratoire sur la perchaude dans le lac Saint-Pierre sera-t-il reconduit?

Le moratoire sur la perchaude dans le lac Saint-Pierre sera-t-il reconduit?
Photo Facebook, Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

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La décision de Québec au sujet du moratoire sur la perchaude dans le lac Saint-Pierre est en principe attendue au cours des prochains jours et certains souhaitent ardemment que l’interdit qui dure depuis une décennie soit levé. 

«Ça fait 10 ans qu’il y a un moratoire en place pour rien, déplore Roger Michaud, président de l’Association des pêcheurs commerciaux du lac Saint-Pierre. Nous étions déjà contrôlés, car les pêcheurs commerciaux et sportifs avaient déjà des quotas à respecter.»

Le moratoire date du 4 mai 2012. À l’époque, le gouvernement du Québec avait décrété l’arrêt complet de la pêche commerciale et sportive à la perchaude au lac Saint-Pierre pour cinq ans afin d’assurer la protection des poissons reproducteurs et tenter de renverser la chute préoccupante du nombre de perchaudes amorcée au milieu des années 1990. Le moratoire a été reconduit pour cinq autres années en mai 2017. Le gouvernement devrait donc en théorie faire savoir très prochainement s’il sera encore reconduit ou pas.

Roger Michaud a souligné en entrevue que lorsqu’il y a eu un problème avec le doré jaune, le gouvernement a instauré une longueur minimum et maximum pour les prises. Il se demande encore pourquoi, pour la perchaude, il devait y avoir absolument un moratoire au lieu de l’application de mesures moins restrictives.

«Un moment donné, il faut en revenir», soutient celui qui estime subir une perte financière de 30 % annuellement en raison de l’interdit.

M. Michaud souhaite qu’après toutes ces années de moratoire les pêcheurs sportifs soient autorisés à pêcher huit tonnes de perchaudes par an et que les pêcheurs commerciaux puissent, de leur côté, en récolter 4,3 tonnes.

«Les pêcheurs sportifs peuvent pêcher la perchaude à Lanoraie. C’est juste à côté de nous. Il n’y pas de lumière rouge indiquant à la perchaude qu’elle ne peut traverser. C’est la même chose en bas du quai à Saint-Pierre-les-Becquets. Entre les deux, au lac Saint-Pierre, nous n’avons pas le droit, c’est un non-sens. La population de perchaudes ne vit pas qu’au lac Saint-Pierre!»

L’homme de 66 ans considère que le prolongement du moratoire serait «inutile et insensé» et croit que les experts du Comité scientifique sur la gestion de la perchaude du lac Saint-Pierre n’ont pas les intérêts des pêcheurs à cœur.

Nous avons tenté de savoir dans quelle direction pourrait aller la décision du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Joint par courriel il y a quelques jours, le président du Comité, Pierre Magnan, nous a dit qu’il ne pouvait pas nous accorder d’entrevue avant que son rapport ne soit rendu public.

Cela dit, après son plus récent examen du stock de perchaudes dans le lac effectué en 2019, le Comité se montrait peu optimiste, mentionnant dans un document que «l’état du stock demeure fragile et préoccupant [...]» et que «d’ici l’échéance du moratoire en 2022, le renouvellement du stock reproducteur est improbable».

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