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Le troisième accident d’une épileptique aura été mortel

La famille de la victime déplore que la conductrice avait encore son permis

FD
Photo tirée de Twitter, Association des Pompiers de Laval Le véhicule Nissan qui a happé mortellement la piétonne le 6 octobre, à Laval.

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Les proches d’une piétonne happée mortellement par une conductrice atteinte d’épilepsie, à Laval, déplorent que celle-ci ait pu garder son permis de conduire après avoir causé déjà deux accidents similaires auparavant.

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«Sa condition d’épilepsie n’a pas été prise sérieusement en considération jusqu’au jour où elle a tué quelqu’un. Pourquoi on devait attendre que quelqu’un meurt pour passer à l'action?» lance Rubab Mohammad.

Sa mère Fouzia Rafiq, 52 ans, faisait sa marche santé quotidienne lorsqu’elle a été heurtée sur le trottoir en bordure de la montée Montrougeau, en octobre dernier. Tout juste avant l’impact, la conductrice, qui circulait à 30 km/h, a ressenti étourdissements et vertiges, indique le rapport du coroner Ethan Lichtblau.

Des témoins ont vu son VUS traverser la route pour se diriger vers la piste cyclable et le trottoir sans jamais freiner ou faire de manœuvre d’évitement. Elle a terminé sa course dans un poteau d’Hydro-Québec, projetant violemment au sol Mme Rafiq, qui a succombé à ses blessures.

La victime, Fouzia Rafiq (à droite), avec ses trois enfants, Usman et Rubab Mohammad, ainsi que sa plus jeune, âgée de 19 ans, qui préfère rester anonyme.
Photo courtoisie
La victime, Fouzia Rafiq (à droite), avec ses trois enfants, Usman et Rubab Mohammad, ainsi que sa plus jeune, âgée de 19 ans, qui préfère rester anonyme.

La conductrice de 48 ans qui était connue et médicamentée pour son épilepsie avait déjà eu deux accidents dans des contextes similaires en décembre 2019 et juillet 2021, précise le Dr Lichtblau dans son rapport.

Chaque fois, elle a d’abord «un événement de type absence (probablement une crise d’épilepsie)» en conduisant, puis elle a un accident dont elle se souvient très peu, écrit le coroner.

Mort évitable

En 2019, une demande pour vérifier ses aptitudes à conduire avait été formulée à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) par un policier, mais pas en 2021, a confirmé au Journal l’agente Erika Landry, porte-parole au Service de police de Laval (SPL).

«On a longtemps cru que notre mère était juste à la mauvaise place au mauvais moment. Mais ce n’était pas ça. On parle d’une mort évitable. Elle pourrait être encore là avec nous. Ça rend son décès plus difficile à accepter», dit Usman Mohammad, cadet de la famille de trois enfants. 

Au lendemain de la collision fatale, des fleurs ont été déposées à l’endroit où Fouzia Rafiq a perdu la vie.
Photo courtoisie
Au lendemain de la collision fatale, des fleurs ont été déposées à l’endroit où Fouzia Rafiq a perdu la vie.

Dans son rapport, le coroner n’explique pas pourquoi la conductrice épileptique avait pu garder son permis de conduire.

«Je suis le premier à admettre qu’on aurait pu pousser l’investigation plus loin pour comprendre ce qui s’est passé, les circonstances, s’il y avait eu un suivi avec son médecin», souligne le Dr Ethan Lichtblau en entrevue téléphonique.

Nouvelle enquête

Selon lui, un autre coroner doit s’enquérir du dossier pour évaluer s’il y a lieu de rouvrir l’investigation et d’émettre des recommandations afin de prévenir d’autres situations semblables, fait-il savoir.

Pendant ce temps, les proches de Mme Rafiq demeurent sans réponse.

«On blâme qui, nous? Les policiers qui sont intervenus lors des accidents, son médecin, la SAAQ qui ne lui a pas retiré son permis? Quelqu’un doit prendre la responsabilité. Le système doit changer pour ne plus que ça se reproduise», martèle Usman Mohammad.

La femme atteinte d’épilepsie a été déclarée inapte à conduire par son médecin au lendemain de la collision mortelle. Aucune accusation criminelle n’a été déposée contre elle comme elle détenait un permis valide, indique le SPL.

La SAAQ refuse de commenter en évoquant la Loi sur la protection des renseignements personnels.

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