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Legault et Trudeau: deux hommes en téflon

Le premier ministre désigné du Québec, François Legault, et le p
Photo d'archives, Alexandre Robillard Rien ne semble coller à Trudeau et Legault.

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Il y a quelque chose d’inouï chez certains politiciens : la capacité de s’échapper, peu importe la situation.

Pensons à John F. Kennedy, Bill Clinton ou Sylvio Berlusconi dont les frasques étaient bien connues alors qu’ils étaient au pouvoir, mais semblaient ne rien changer à leur cote de popularité. Ils s’en sortaient, peu importe. Les Marilyn Monroe, Monica Lewinsky ou soirées bunga-bunga n’y changeaient rien.

Des phénomènes

Plus proche de chez nous, on a deux phénomènes : Justin Trudeau et François Legault.

Dans toute ma carrière en politique, je n’ai jamais vu des cas pareils.

Trudeau se fait officiellement blâmer pour avoir enfreint la loi fédérale sur l’éthique ? La GRC décide de ne pas le poursuivre dans le cas de ses vacances tout inclus (et illégales) sur l’île de l’Aga Khan. La raison ? Eh bien, un premier ministre pourrait toujours s’autoriser lui-même à enfreindre la loi et que, donc, une poursuite serait trop de trouble ! Bonjour la primauté de droit où la loi s’applique également à tous.

Personne n’est censé être au-dessus de la loi, mais, pour reprendre la pensée de George Orwell, si tous sont égaux... il y en a qui sont plus égaux que d’autres !

Trudeau a à nouveau enfreint la loi en s’ingérant dans les poursuites dans l’affaire SNC Lavalin ? Bof, un gars a le droit de se tromper, non ?

Un public adorateur

Le public canadien m’a toujours fasciné avec sa réaction vis-à-vis de Trudeau.

Juste avant l’élection de 2015, il a dit, devant les caméras, que son pays préféré (après le Canada) était la Chine, en raison de... sa dictature (qui, selon Trudeau, permet au gouvernement de tout tasser et faire ce qu’il veut). Il a été élu premier ministre quand même.

J’étais un de ses adversaires et je peux dire que non seulement rien ne lui collait, mais le public (et de nombreux journalistes) lui excusait également tout sans qu’il le demande. Je l’ai déjà entendu se vanter de sa relation spéciale avec les Canadiens. Il disait vrai !

Il est né alors que son père était le premier ministre et le public canadien a tendance à le voir comme son propre enfant.

Asséner un coup de coude sur le sein d’une députée en plein Parlement ? Porter à répétition un déguisement raciste « blackface » ? L’erreur est humaine... le pardon, divin.

Monsieur T-fal

L’autre T-fal ambulant, bien sûr, c’est François Legault. Élu grâce à ses attaques répétitives sur l’éthique de ses adversaires libéraux, il a promis d’être un modèle d’intégrité. Un de ses ministres, Pierre Fitzgibbon, a enfreint à répétition la loi sur l’éthique... pis après ? Legault l’a réintégré au Conseil des ministres. Il n’y a rien là !

Il a promis un médecin de famille à tout le monde (un million de Québécois n’en ont toujours pas) ; a juré qu’il allait réduire le temps d’attente dans les urgences (c’est pire que jamais) et a signé un document formel promettant une réforme électorale (il ne s’en souvient plus)...

Le prix de l’arrogance ?

Les moqueries antiparlementaires de M. Legault envers ses adversaires (« il est pas mort lui ? ») auraient causé de l’apoplexie aiguë si elles avaient été dirigées vers la CAQ.

L’arrogance de Trudeau a fini par lui coûter sa majorité. On verra bien en octobre si les électeurs québécois décident qu’un mandat de quatre années de plus d’un Legault sans bornes est trop risqué.

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