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Je n’avais que deux heures de vie lorsque j’ai été adoptée

Élise Béliveau
Photo Chantal Poirier

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Jean Béliveau a marqué l’histoire du Canadien, et surtout, mon cheminement de carrière. C’est Jean Béliveau qui m’a engagé à titre d’annonceur maison lors des matchs pour des jeunes au Forum de Montréal, les samedis après-midi. Je croisais régulièrement son épouse, Élise, aux matchs du Canadien ou des Expos. Elle prenait toujours le temps de s’informer pour savoir comment j’allais et comment allait mon travail, car elle écoutait les matchs des Expos.

Lorsque j’ai communiqué avec sa fille, Hélène, afin de réaliser cette entrevue, à peine quelques minutes plus tard, je débutais mon entretien avec une grande dame. 


Votre mère est décédée à votre naissance.

J’étais le 13e enfant de la famille. Deux heures après ma naissance, ma tante et mon oncle, de la famille Couture, m’ont adoptée. Je porte le prénom de ma défunte mère, Élise.


Vous demeuriez sur le boulevard Laurier, à Québec.

Mes parents avaient une grande terre qui se prolongeait jusqu’au boulevard Saint-Cyrille.


Vous avez commencé à faire de l’équitation à l’âge de trois ans.

Mes parents avaient chacun leur cheval et moi j’avais mon poney. J’ai passé tellement de beaux moments à parcourir les sentiers près de la maison.


Vous avez conduit une voiture pour la première fois à l’âge de 15 ans.

Je n’avais pas le choix. Nous étions partis fêter au lac Beauport, mais lors du retour, le conducteur était un peu trop en état d’ébriété.


Vous n’aviez jamais conduit auparavant.

Le garçon en question m’a dit qu’il allait m’enseigner les rudiments de la conduite automobile. Sans permis de conduire, je prends le volant en direction de la maison.


Il y avait une patinoire dans votre cour.

Les amis de mon frère venaient jouer au hockey.


Vous aimiez jouer au baseball et au football.

Avec les amis de mon frère, je jouais au baseball et au football, pas à cause de mon talent, mais plutôt parce qu’à l’occasion, il manquait des joueurs.


Vous parliez surtout en anglais à la maison.

Ma mère adoptive était irlandaise, alors nous parlions le français et l’anglais à la maison.


Vous considériez Guy Lafleur comme votre fils.

Lors de ses débuts avec le Canadien, il demeurait chez nous, à Longueuil, alors, pour une certaine période de temps, notre fille Hélène avait un petit frère.


La reconnaissance de Guy Lafleur vous a touchée profondément.

Jean et moi avons toujours été profondément touchés par les éloges de Guy à notre endroit.


Une expérience bouleversante pour Jean sur un cheval.

La seule et unique pour Jean, car il a été effrayé lorsque le cheval est parti à l’épouvante. Et après cette randonnée spectaculaire, Jean m’a tout simplement dit : « Plus jamais je ne ferai de l’équitation ».


Vous aimiez danser.

Dans ma jeunesse, les amis venaient fréquemment à la maison alors que maman roulait les tapis et nous invitait à nous amuser et à danser.


Durant un certain temps, vous suiviez des cours de danse avec l’ancien capitaine du Canadien.

Jean savait que j’aimais danser, sauf que ses talents de danseur n’avaient pas la même souplesse que ses talents sur une patinoire. Alors les lundis soir, lorsque le Canadien ne jouait pas, c’étaient des cours de danse.


Vous étiez tout un groupe de danseurs.

Un ancien lutteur et un homme drôle, Larry Moquin et Zotique Lespérance, dirigeants de la brasserie Molson, ainsi que leurs épouses, Jean et moi avions tellement de plaisir, car notre professeure de danse se déplaçait pour venir à la maison.


Jean et vous aimiez danser le tango.

Lors d’une soirée avec un orchestre, soyez assuré que Jean et moi défilions sur le parquet de danse au son d’un merveilleux tango.


Pardonnez-moi, M-me Béliveau, de vous demander de partager ces moments avec vous.

Les gens dansaient, mais ralentissaient leurs mouvements, car ils étaient émerveillés de voir leur idole danser un tango avec autant de grâce et d’élégance.


Vous aimiez voyager.

Une fois sa carrière terminée, nous avons effectué tellement de beaux voyages. Nous aimions les mêmes choses, sauf l’équitation.


Vous étiez la conductrice désignée.

Jean n’aimait pas conduire, alors parfois il me demandait si je voulais l’accompagner. Nous quittions la maison à 4 h 30 du matin, destination Toronto, avec moi au volant pour presque toute la durée du voyage.


Comment avez-vous rencontré le grand Jean ?

Jean jouait au hockey à Québec, mais je ne suivais pas le hockey. Je l’ai rencontré dans une « blind date », et ce fut le début d’un merveilleux voyage.


Vous avez donné des cours de conduite à Jean.

Nous nous fréquentions à Québec avant de nous marier. Mes cours n’étaient pas trop bons, car la première fois qu’il a conduit, il a eu un accrochage avec un autobus sur la rue Saint-Jean.


Jean-Claude Tremblay et Robert Rousseau faisaient du covoiturage avec Jean.

Nos familles demeuraient à Longueuil, alors ils se dirigeaient ensemble vers le Forum lors des soirs de matchs. Pendant une période où Jean était blessé et ne pouvait pas jouer, ils venaient le rejoindre à la maison, et tout en dégustant une bière ils lui racontaient le déroulement du match.


Puis-je être indiscret ? Conduisez-vous encore votre voiture ?

J’ai 90 ans, et je conduis toujours ma voiture. En passant, cesse de m’appeler Mme Béliveau, mon nom c’est Élise !


Vous suivez toujours le Canadien.

À cause de la COVID, je n’ai pu assister qu’à seulement quatre matchs cette année, mais je les suis à la télévision. Mon joueur favori, c’est Cole Caufield. D’ailleurs, j’ai fait une demande pour avoir une photo de Cole pour un jeune membre de la famille.


  • J’ai finalement exaucé son vœu grâce à la complicité de Pierre Gervais, le gérant de l’équipement du Canadien. Je lui ai remis une photo de Cole Caufield pour le jeune membre de la famille avant le match de vendredi. Soudainement, un large sourire est apparu sur son visage, car Cole a dédié sa photo signée à... madame Béliveau.

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